| L’expérience est un peigne que vous donne la vie quand vous êtes devenu chauve. |
| Bernard BLIER né le 11 janvier 1916 |

Cette semaine
| Une semaine très calme en terme de données économiques et entreprises en ce qui concerne l’Europe continentale. En revanche, la saison des déclarations financières au Royaume-Uni et le début de la saison des résultats du quatrième trimestre (T4) annoncent une semaine chargée pour les actions et les investisseurs. Les constructeurs immobiliers, Whitbread et la star britannique Games Workshop publieront leurs résultats, tandis qu’aux États-Unis, les banques donneront un aperçu de leurs performances et de l’économie américaine dans son ensemble. Parallèlement, l’inflation américaine sera au cœur des discussions macroéconomiques à l’approche de la prochaine décision de la Réserve fédérale (Fed). |
LES CHIFFRES ÉCONOMIQUES

Les News
Orano
Le groupe français Orano a obtenu un soutien de 900 millions de dollars des États-Unis en vue de construire une usine de production d’uranium enrichi sur le sol américain à 5 milliards de dollars.
Intel
Le processeur Intel 18A est une réussite. La première puce fabriquée avec, l’Intel Core Ultra Series 3, équipera des ordinateurs portables commercialisés d’ici la fin du mois. Elle brille par ses performances, notamment pour l’IA avec 180 TOPS annoncés.
Alstom
L’année commence (ou se poursuit) sur les chapeaux de roues pour Alstom. Le groupe dirigé par Henri Poupart-Lafarge vient d’officialiser une série de succès commerciaux d’envergure. Au total, ce sont environ 2,5 milliards d’euros qui viennent s’ajouter au carnet de commandes.
Arcelor & EDF
EDF allouera à ArcelorMittal une quote-part de la puissance de son parc nucléaire en exploitation, pour une durée de 18 ans. Ce contrat permet à ArcelorMittal de sécuriser ses besoins en électricité bas carbone et compétitive sur le long terme. Les premières livraisons ont commencé le 1er janvier 2026.
Toyota
Le Groupe Toyota France a immatriculé plus de 132 000 véhicules neufs l’année dernière avec ses marques Toyota et Lexus, signant ainsi la deuxième meilleure performance de son histoire. Toyota en France en 2025 est ainsi N°1 des marques étrangères pour les ventes d’hybrides et N°1 des marques étrangères pour les ventes à Particuliers.
LES PERFORMANCES



LE GRAPHE DE LA SEMAINE


A L’AFFICHE : Du Venezuela à l’Arctique : un moment de bascule stratégique.
La capture de Nicolás Maduro par les forces américaines au début de janvier 2026 n’est ni un épisode isolé, ni une opération opportuniste. Elle constitue un acte fondateur du second mandat de Donald Trump sur la scène internationale. Dans ses propres termes, le président américain a explicitement réactivé la doctrine Monroe, allant jusqu’à la rebaptiser la “Don-roe Doctrine”, et affirmant que la suprématie américaine dans l’hémisphère occidental « ne serait plus jamais remise en question » .
À partir de ce point de rupture vénézuélien, une série de pays et de territoires — Venezuela, Cuba, Colombie, Groenland, Iran — apparaissent désormais comme des théâtres d’application différenciée d’une même logique stratégique :
➡️ sécuriser l’environnement géopolitique proche des États-Unis,
➡️ contrôler les flux énergétiques et miniers critiques,
➡️ et envoyer un signal clair à la Chine et à la Russie quant aux limites de leur projection.
La doctrine Monroe 2.0 : d’un principe défensif à une doctrine coercitive
👉 De 1823 à 2026 : continuité idéologique, rupture opérationnelle
La doctrine Monroe originelle (1823) reposait sur un principe simple : exclusion des puissances européennes de l’hémisphère occidental en échange d’une non-intervention américaine en Europe. Pendant deux siècles, ce principe a servi de matrice à l’influence américaine en Amérique latine, souvent via des moyens indirects (diplomatie, sanctions, coups d’État soutenus).
La version 2.0 marque une rupture qualitative :
➡️ Elle n’est plus seulement déclarative, mais opérationnelle (Venezuela).
➡️ Elle ne se limite plus à l’Amérique latine stricte, mais s’étend aux espaces stratégiques périphériques (Caraïbes, Arctique).
➡️ Elle assume une logique de coercition ouverte, y compris contre des alliés ou partenaires indirects (Danemark via le Groenland).
Différentes analyses soulignent que Trump ne se contente plus de menaces rhétoriques : il revendique explicitement un droit d’intervention, d’annexion ou de changement de régime dès lors que la “sécurité nationale” est invoquée .
👉 Les trois piliers de la doctrine Monroe 2.0
➡️ Sécurité intérieure externalisée
Drogues, migrations, criminalité transnationale et instabilité politique sont traitées non plus comme des conséquences, mais comme des causes légitimes d’intervention hors du territoire américain (Colombie, Venezuela).
➡️ Ressources critiques et souveraineté économique
Le contrôle de l’énergie (pétrole vénézuélien) et des minerais critiques (Groenland) devient central, dans un contexte de rivalité systémique avec la Chine, dominante sur les chaînes de valeur minérales.
➡️ Signal géopolitique global
En agissant dans son “pré carré”, Washington cherche à rétablir la crédibilité de sa dissuasion, après des années perçues comme attentistes. Le message est autant destiné à La Havane ou Bogotá qu’à Pékin et Moscou.
🇻🇪 Venezuela : l’acte fondateur et le retour de la coercition directe
Le Venezuela constitue le laboratoire initial de la doctrine Monroe 2.0. L’opération militaire américaine, suivie de la capture de Maduro, est justifiée par Washington comme une réponse à un narco-État et à une menace directe contre la sécurité américaine.
Les documents de la Miami Strategic Intelligence Institute détaillent le rôle central joué par Cuba dans l’appareil sécuritaire vénézuélien, confirmant l’existence de personnels cubains intégrés aux services de renseignement et de protection du régime
Cette dimension permet à Washington de présenter l’intervention non comme un conflit bilatéral, mais comme une opération de neutralisation d’un système hostile régional.
Sur le plan économique, l’enjeu est clair :
➡️ Réinsérer à terme le Venezuela dans le marché pétrolier mondial,
➡️ Réduire l’influence chinoise et russe sur PDVSA,
➡️ Et disposer d’un levier énergétique stratégique en cas de choc au Moyen-Orient.

| 🇨🇺 Cuba : l’effondrement du pilier énergétique et la patience stratégique Cuba apparaît comme la prochaine pièce fragilisée du dispositif régional. à cause de sa dépendance structurelle de l’île au pétrole vénézuélien, historiquement échangé contre des services médicaux et sécuritaires . La disparition brutale de Maduro prive La Havane d’environ 30 % de ses approvisionnements énergétiques, accentuant une crise économique déjà profonde. Trump adopte ici une posture différente : pas d’intervention immédiate, mais une stratégie d’asphyxie passive, laissant entendre que « Cuba est prête à tomber » sans action militaire directe. Cette approche s’inscrit dans la continuité historique des relations américano-cubaines, marquées par l’embargo, la pression économique et l’attente d’un basculement interne plutôt qu’une invasion frontale. 🇨🇴 Colombie : de l’allié historique à la mise sous pression La Colombie occupe une position singulière. Longtemps alliée clé des États-Unis dans la lutte antidrogue, elle devient désormais une cible rhétorique et politique directe de Trump. Les accusations portées contre le président Gustavo Petro — laxisme envers les cartels, explosion de la production de cocaïne — servent de justification à des sanctions et à des menaces d’opérations ciblées . Ici, la doctrine Monroe 2.0 fonctionne comme un outil disciplinaire : rappeler qu’aucun État du continent, même historiquement aligné, n’est à l’abri s’il s’écarte des priorités sécuritaires américaines. Pour les investisseurs, cela introduit une prime de risque politique nouvelle sur un pays jusqu’ici perçu comme relativement stable en Amérique latine. 🇬🇱 Groenland : l’extension de Monroe au XXIᵉ siècle arctique Le cas du Groenland constitue la dimension la plus novatrice et la plus inquiétante de cette doctrine. Territoire autonome du Danemark, membre de l’OTAN, le Groenland se retrouve au cœur d’une revendication américaine assumée. Les analyses géopolitiques montrent que l’intérêt américain repose sur trois facteurs : ➡️ Position stratégique (contrôle du GIUK Gap, alerte antimissile), ➡️ Accès aux minerais critiques indispensables à la transition énergétique et à l’industrie de défense, ➡️ Volonté de bloquer toute avancée chinoise dans l’Arctique . La rhétorique américaine, invoquant la “sécurité nationale”, relativise ouvertement les principes de souveraineté et de droit international, au risque de créer une fracture profonde au sein de l’OTAN. Comme le souligne l’analyse Greenland and the End of Western Innocence, il ne s’agit pas d’un accident diplomatique, mais de la manifestation explicite d’une logique de puissance décomplexée. 🇮🇷 Iran : le contre-point extra-hémisphérique Bien que situé hors du champ traditionnel de Monroe, l’Iran apparaît dans les documents comme un théâtre complémentaire. Les menaces américaines conditionnées à la répression des manifestations internes, combinées aux frappes passées sur les installations nucléaires, suggèrent une stratégie de dissuasion préventive. Le lien avec le Venezuela est indirect mais réel : sécuriser des sources alternatives de pétrole et réduire la vulnérabilité américaine en cas d’escalade au Moyen-Orient. La doctrine Monroe 2.0 marque le passage d’un ordre international fondé sur des règles imparfaites à une logique de rapports de force assumés. En réactivant Monroe sous une forme coercitive, Donald Trump redéfinit les frontières de l’acceptable, non seulement en Amérique latine, mais aussi dans des espaces jusque-là considérés comme stabilisés, comme l’Arctique. Cette séquence implique : ⚠️ Une hausse structurelle des primes de risque géopolitiques, 🛢️ Une centralité accrue des thématiques énergie, défense et minerais critiques, ⁉️ Et une fragmentation croissante de l’ordre mondial, où la prévisibilité politique devient un actif rare. Le Venezuela n’est pas seulement une crise ; il est le point de départ visible d’un nouvel âge de la puissance américaine. |


Focus : SOLACTIVE TRANSATLANTIC ENERGY FOCUS AR INDEX
L’indice Solactive Transatlantic Energy Focus EUR AR (SOE1DV50), suit la performance des entreprises des secteurs énergétiques des marchés boursiers américains et européens.
L’indice adopte une exposition pondérée de manière égale à :
🇺🇸 l’indice Solactive United States Energy Focus Index TR et
🇪🇺 à l’indice Solactive Europe Energy Focus Index TR.
Chaque jour, l’indice réalloue :
🇺🇸 50 % à l’indice américain et
🇪🇺 50 % à l’indice de la zone euro.
L’indice Solactive Transatlantic Energy Focus EUR AR est calculé en réinvestissant les dividendes bruts versés par les actions qui le composent et en déduisant des frais fixes de 50 points d’indice par an.
Par conséquent, si les dividendes distribués par les actions composant l’indice sont inférieurs (respectivement supérieurs) au niveau des frais fixes, la performance de l’indice sera pénalisée (respectivement améliorée) par rapport à un indice classique avec dividendes non réinvestis.
Toutes choses égales par ailleurs, l’impact de la méthode de frais fixes en points d’indice sur la performance de l’indice est plus important en cas de baisse du niveau de l’indice qu’en cas de hausse.
Ainsi, en cas de marché baissier continu, la baisse de l’indice sera accélérée.
➡️ L’indice, libellé en euros, présente un risque de change, car la valeur de ses composants, exprimée en devise étrangère, est convertie en euros pour le calcul de l’indice. Ainsi, la performance de l’indice sous-jacent peut être significativement affectée, positivement ou négativement, en fonction de l’évolution du taux de change de cette devise étrangère par rapport à l’euro.

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Source : Eavest