| « Le moyen de prévenir une maladie est d’en éliminer la cause. » |
| John SNOW – né le 15 Mars 1813 |

Cette semaine
| La guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix de l’énergie domineront l’actualité cette semaine et pèseront lourdement sur les décisions des banques centrales en matière de taux d’intérêt. La Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque du Japon (BoJ), la Banque d’Angleterre (BoE), la Banque centrale européenne (BCE), la Banque de réserve d’Australie (RBA) et la Banque du Canada rendront toutes leurs décisions publiques. Même si aucun changement n’est attendu sur les taux, nous pouvons être sûrs que les discussions porteront sur les prix du pétrole et du gaz, ainsi que sur les perspectives d’inflation, qui auront considérablement évolué depuis leur dernière réunion. |
LES CHIFFRES ÉCONOMIQUES

Les News
Palantir, aussi dans les paris
Polymarket, le plus grand marché financier de pronostics en ligne, interdits dans de nombreux pays, a annoncé mardi un partenariat avec l’américain Palantir pour surveiller ces transactions, au moment où se multiplient les accusations de délits d’initiés réalisés grâce à la plateforme.
Alstom, encore un contrat à 1 milliard d’euros
Après une commande à 1 milliard d’euros en Australie fin 2025, Alstom fait coup double en décrochant un contrat de la même valeur au Portugal. L’industriel français va fournir 153 trains Adessia Stream à Comboios de Portugal (CP) et implanter une usine dans le pays.
Novo Nordisk, ça continue
Novo Nordisk reçoit un avertissement de la FDA lié à une inspection américaine en 2025, sur le site du fabricant danois à Plainsboro, dans le New Jersey.
Thales sort le SkyDefender
Thales a choisi la première édition du BEDEX pour sortir SkyDefender du hangar : un bouclier antimissile et antidrone qui ambitionne de couvrir l’intégralité du ciel, du drone d’attaque low-cost au missile hypersonique filant à Mach 5.
Safran : l’Armée de Terre tient son viseur Anti Drone
La lutte anti-drones (LAD) continue de peser sur les commandes de l’armée de Terre. Safran Defense & Space, Inc. décroche un contrat auprès de KNDS France pour équiper les vingt-quatre futurs Serval LAD de viseurs VIGEO…Mais livrés à l’armée de Terre qu’en 2028 !
LES PERFORMANCES




LE GRAPHE DE LA SEMAINE

A L’AFFICHE
Norvège : puissance énergétique européenne face au choc géopolitique du Moyen-Orient
Avec 5,55 millions d’habitants, la Norvège est une économie relativement petite par sa population mais extraordinairement riche et solide. En 2024, le pays affiche un PIB nominal d’environ 484 milliards de dollars, soit près de 86 600 dollars par habitant, l’un des niveaux les plus élevés du monde.
Cette prospérité repose en grande partie sur l’exploitation des ressources pétrolières et gazières de la mer du Nord, qui ont permis au pays de constituer le plus grand fonds souverain du monde, aujourd’hui supérieur à 1900 milliards d’euros, soit plus de trois fois le PIB national.
Dans ce contexte, les tensions géopolitiques actuelles opposant les États-Unis, Israël et l’Iran prennent une dimension particulière pour la Norvège : en tant que grand exportateur d’énergie, le pays peut bénéficier d’une hausse des prix de l’énergie, tout en subissant indirectement les conséquences d’un ralentissement économique mondial.
Une économie exceptionnellement solide mais très dépendante de l’énergie
L’économie norvégienne repose sur un modèle unique combinant ressources naturelles, gestion budgétaire prudente et forte épargne nationale.
Le secteur pétrolier et gazier représente environ :
➡️ 22 % du PIB
➡️ près de 30 % des recettes publiques
➡️ environ 67 % des exportations
➡️ plus de 20 % de l’investissement total.
Grâce à cette rente énergétique, la Norvège dispose de finances publiques très solides :
➡️ dette publique autour de 40 % du PIB
➡️ excédent courant structurel
➡️ fonds souverain supérieur à 1 900 Md EUR.
Ce fonds, investi principalement dans les marchés financiers internationaux, constitue un puissant amortisseur macroéconomique.
Cependant, l’économie norvégienne fonctionne en réalité selon un modèle à deux vitesses :
➡️ l’économie pétrolière offshore, très dépendante des prix de l’énergie
➡️ l’économie continentale (mainland), plus comparable aux économies européennes.
Cette dernière n’a progressé que d’environ 0,6 % en 2024, alors que la croissance totale atteignait 2,1 %, tirée par l’activité énergétique.
Une économie continentale résiliente mais sensible aux cycles internationaux
En dehors de l’énergie, l’économie norvégienne repose principalement sur :
➡️ les services (environ 50 % du PIB)
➡️ les industries maritimes et offshore
➡️ la pêche et l’aquaculture, dont la Norvège est l’un des leaders mondiaux.
Les exportations de produits de la mer ont atteint environ 15 milliards EUR en 2024, dont plus de 10,9 milliards EUR pour le saumon.
Les fondamentaux macroéconomiques restent solides :
➡️ chômage : environ 4 % au sens large
➡️ inflation moyenne 2024 : environ 3,1 %
➡️ taux directeur de la banque centrale : 4,0 %.
Cependant, l’économie continentale reste sensible :
➡️ à la conjoncture européenne
➡️ aux taux d’intérêt élevés
➡️ à l’endettement des ménages.

| Le conflit US / Israël vs Iran : un choc macroéconomique ambigu Le conflit actuel au Moyen-Orient influence directement les marchés énergétiques mondiaux et affecte donc l’économie norvégienne de manière contrastée. 👉 Un effet positif immédiat via les prix de l’énergie Une escalade géopolitique impliquant l’Iran — acteur clé du marché pétrolier — tend à : ➡️ augmenter les prix du pétrole et du gaz ➡️ renforcer la prime de risque énergétique. Pour la Norvège, cela se traduit par : ➡️ une hausse des revenus d’exportation ➡️ une augmentation des recettes fiscales pétrolières ➡️ une amélioration de la balance courante. La Norvège est devenue le premier fournisseur de gaz naturel de l’Europe depuis la réduction des importations russes, ce qui renforce encore son rôle stratégique dans ce contexte. 👉 Un risque de ralentissement de l’économie continentale À l’inverse, une guerre prolongée peut freiner la croissance mondiale : ➡️ ralentissement du commerce international ➡️ hausse des coûts énergétiques pour les partenaires européens ➡️ baisse de la confiance des entreprises. Or l’économie norvégienne continentale dépend fortement de la demande européenne. Le gouvernement norvégien a d’ailleurs récemment abaissé ses prévisions de croissance non pétrolière pour 2026, citant explicitement les incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient. 👉 Un risque inflationniste et monétaire La hausse durable des prix de l’énergie peut également : ➡️ maintenir l’inflation au-dessus de la cible ➡️ retarder les baisses de taux. Avec un taux directeur encore à 4 %, cela pourrait continuer à peser sur : ➡️ l’immobilier ➡️ la consommation ➡️ l’investissement domestique. 👉 Une volatilité potentielle du fonds souverain Enfin, la Norvège reste très exposée aux marchés financiers mondiaux. Son fonds souverain, investi majoritairement en actions internationales, peut subir les conséquences : ➡️ d’une correction des marchés mondiaux ➡️ d’une hausse de l’aversion au risque. La Norvège occupe aujourd’hui une position unique dans l’économie mondiale. Grâce à ses ressources énergétiques, à sa gestion budgétaire prudente et à son immense fonds souverain, elle dispose d’une solidité macroéconomique exceptionnelle. Dans le contexte du conflit US / Israël vs Iran, le pays pourrait même bénéficier à court terme de la hausse des prix de l’énergie et de son rôle central dans l’approvisionnement énergétique de l’Europe. Cependant, cet avantage s’accompagne de risques importants : ➡️ ralentissement de l’économie mondiale ➡️ inflation plus persistante ➡️ taux d’intérêt élevés ➡️ volatilité des marchés financiers. Ainsi, la Norvège apparaît comme une économie protégée par sa rente énergétique mais profondément intégrée à une économie mondiale de plus en plus instable. |

Focus
Equinor : » We deliver energy today, while developing energy solutions for tomorrow. »
Equinor ASA est l’ancienne compagnie pétrolière nationale norvégienne Statoil, fondée le 18 septembre 1972 par l’État norvégien afin de développer les ressources pétrolières de la mer du Nord. L’entreprise a été rebaptisée Equinor en 2018 afin de refléter une stratégie plus large dans l’énergie et la transition énergétique.
Le siège du groupe est situé à Stavanger (Norvège) et l’État norvégien reste l’actionnaire majoritaire via le ministère du Commerce et de l’Industrie. Equinor emploie environ 25 000 personnes dans le monde, est quotée sur la bourse norvégienne d’Oslo et sa capitalisation boursière est de 86 Md de USD.
Aujourd’hui, Equinor fait partie des grandes majors énergétiques mondiales, aux côtés de sociétés comme TotalEnergies, BP, Shell ou Eni, opèrant via un large réseau de filiales internationales couvrant exploration, trading, énergie renouvelable et infrastructures énergétiques.
Résultats consolidés 2025
L’année 2025 se caractérise par une forte production mais des prix énergétiques plus faibles, ce qui pèse sur les résultats. Toutefois, Equinor maintient une politique très attractive pour les actionnaires :
👉 Production
➡️ 2,137 millions de barils équivalent pétrole/jour en moyenne
➡️ croissance annuelle d’environ +3 %.
👉 Résultats financiers
Pour l’ensemble de l’année 2025 :
➡️ Net operating income : 25,3 Md$
➡️ Adjusted operating income : 27,6 Md$
➡️Net income : 5,1 Md$
➡️ EPS ajusté : 2,47 $.
➡️ cash-flow opérationnel : ~20 Md$ en 2025
➡️ cash flow après impôts : ~18 Md$.
La baisse du bénéfice par rapport à 2024 s’explique par :
➡️ la baisse des prix du pétrole et du gaz
➡️ des dépréciations d’actifs et projets renouvelables
➡️ certaines cessions d’actifs.
Sur les quatre dernières années, le groupe a retourné plus de 50 Md$ aux actionnaires. La politique de capital et dividende pour 2025 se caractérise par :
➡️ distribution totale d’environ 9 Md$ en 2025
➡️ dividende trimestriel autour de 0,37–0,39 $ par action
➡️ programme de rachats d’actions.
Equinor est aujourd’hui l’un des piliers énergétiques de l’Europe.
Dans le contexte géopolitique actuel entre restriction sur le pétrole russe, conflit au Moyen Orient et compétition pour l’accès à l’énergie entre l’Europe et l’Asie, la Norvège avec Equinor demeure un acteur stratégique majeur de la sécurité énergétique du continent Européen.
Cours actuel : 338,90 NOK
Santander : objectif de cours 330 NOK
SEB : objectif de cours 318 NOK
JPMorgan : objecxtif de cours 285 NOK
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Source : Eavest