| « La discipline est l’âme d’une armée. Elle rend petits les nombres redoutables ; elle procure le succès aux faibles et l’estime à tous. » |
| Georges Washington né le 22 février 1732 |

Cette semaine
| C’est une semaine importante pour les résultats financiers, puisqu’en France, les derniers poids lourds du CAC40 tels Schneider Electric, Axa ou Saint Gobain publieront leurs résultats. Au UK, 20 % de la capitalisation boursière du FTSE 350 sera publiée la semaine prochaine, notamment HSBC, l’une des plus grandes entreprises de l’indice, ainsi que IAG et Rolls-Royce. Mais l’événement le plus marquant sera la publication des résultats de NVIDIA. La plus grande entreprise mondiale en termes de capitalisation boursière est plus importante que toutes les autres entreprises européennes et américaines réunies qui publieront leurs résultats la semaine prochaine, et elle retiendra donc toute l’attention. Cette avalanche de résultats compense une semaine plus calme sur le plan des données économiques, avec principalement des statistiques de second ordre publiées cette semaine. |
LES CHIFFRES ÉCONOMIQUES

Les News
France Championne Européenne de l’IA
1114 start-up, 16 milliards d’euros levés et 50 000 emplois : La France bat l’Allemagne et s’affirme comme la puissance dominante de l’intelligence artificielle en Europe. La France entre toutefois dans une phase plus exigeante : rentabilité, passage à l’échelle industrielle et accès aux marchés deviennent désormais les véritables enjeux.
Droits de Douane, Soulagement, Vraiment ?
La Cour suprême a annulé une partie des droits de douane mis en place par Donald Trump depuis son retour au pouvoir. Mais cela ne signe pas pour autant la fin de la politique protectionniste de Donald Trump. Seules sont concernées les taxes prises au nom de l’«international emergency economic powers act» (IEEPA).
Diversification de Portefeuille, fin du « 60/40 » ?
Une nouvelle analyse du FMI montre que la stratégie traditionnelle consistant à diversifier les investissements en détenant à la fois des actions et des obligations est devenue moins efficace. Les investisseurs tendent à repenser la gestion des risques, explorer des actifs alternatifs.
Paramount / Warner Bros
L’offre de 108 milliards de dollars de Paramount Skydance visant à contrecarrer l’accord conclu entre Netflix et Warner Bros Discovery a franchi une étape décisive dans la procédure antitrust américaine, signe du soutien de l’administration Trump.
Inde & IA
Déjà numéro un mondial par la taille de sa population, avec des milliards de dollars d’investissements venus des Big Tech et une pléthore de partenariats, l’Inde veut s’affirmer comme un acteur stratégique de l’IA.
LES PERFORMANCES




LE GRAPHE DE LA SEMAINE

A L’AFFICHE
L’évolution de l’âge de la population mondiale : vieillissement démographique et transformation structurelle de l’économie mondiale.
La dynamique démographique constitue l’un des déterminants fondamentaux de la trajectoire économique des nations. Après deux siècles marqués par une expansion spectaculaire de la population mondiale, le XXIᵉ siècle inaugure une phase nouvelle :
➡️ celle du ralentissement de la croissance démographique,
➡️ puis du vieillissement généralisé des sociétés.
L’apogée démographique du XXᵉ siècle
Le XXᵉ siècle fut marqué par une accélération démographique sans précédent. La baisse de la mortalité, due aux progrès médicaux, sanitaires et agricoles, conjuguée au maintien temporaire d’une fécondité élevée, a porté le taux de croissance annuel mondial à plus de 2 % dans les années 1960.
La population mondiale a ainsi doublé en moins d’un demi-siècle.
Toutefois, cette phase d’expansion rapide s’est progressivement atténuée. Selon les projections des Nations unies, la croissance démographique mondiale ralentira nettement au cours des prochaines décennies, principalement sous l’effet de la chute des naissances.
Le pic démographique attendu dans les années 2080 sera suivi d’une phase de contraction. Cette inflexion marque la fin d’un cycle historique et l’entrée dans un régime de croissance démographique faible, voire négative, pour un nombre croissant de pays.
L’effondrement mondial de la fécondité
La baisse de la fécondité constitue le moteur central de cette transformation. Alors que la fécondité mondiale dépassait cinq enfants par femme dans les années 1960, elle est aujourd’hui proche du seuil de remplacement.
La transition est particulièrement avancée dans les économies développées et en Asie orientale.
➡️ En Europe, le nombre moyen d’enfants par femme est passé de plus de 2,5 en 1960 à moins de 1,5 aujourd’hui.
➡️ En France, le taux de fécondité s’est établi à 1,56 enfant par femme en 2025 avec seulement 644 000 naissances, soit 24 % de moins qu’en 2010.
➡️ En Corée du Sud, il atteint 0,7 enfant par femme, niveau historiquement bas.
Ce phénomène est désormais global. Même les pays émergents connaissent des transitions rapides, parfois avant d’avoir atteint un niveau élevé de richesse, ce qui modifie profondément la séquence classique “vieillir après s’être enrichi”.
L’allongement de la vie et la montée des seniors
Parallèlement à la baisse des naissances, l’espérance de vie continue de progresser. Le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus est passé :
➡️ de 700 millions en 2020,
➡️ à une projection de 1,5 milliard en 2050, leur part dans la population mondiale devant passer de 9 % à 16 %.
Dans 40 pays développés à forte longévité, le nombre de 65 ans et plus est passé :
➡️ de 54 millions en 1950 à 222 millions en 2020,
➡️ et devrait atteindre 324 millions en 2050.
Le ratio de dépendance vieillesse (65+ rapporté aux 20-64 ans) illustre cette mutation : il était proche de 15 % en 1950 et devrait dépasser 60 % d’ici la fin du siècle dans le scénario central.
La structure par âge des sociétés se transforme ainsi durablement, réduisant la part relative des actifs et augmentant celle des retraités.

| Les conséquences macroéconomiques du vieillissement 👉 Croissance potentielle et innovation La dynamique de long terme de la croissance repose en grande partie sur l’innovation. Les modèles de croissance endogène soulignent que le nombre d’innovateurs potentiels influence la production d’idées. Une population active en expansion favorise la création et la diffusion du progrès technique. Or, la baisse durable de la fécondité réduit le vivier futur d’innovateurs. Selon l’analyse développée dans Economics Observatory, la combinaison d’un ralentissement démographique et d’une complexité croissante des découvertes pourrait conduire à un scénario de stagnation de long terme. L’OFCE souligne que la raréfaction et le vieillissement de la population active peuvent peser sur la dynamique d’innovation et la productivité. Le “premier dividende démographique”, qui avait soutenu la croissance lorsque la part des actifs augmentait, est désormais épuisé. La croissance potentielle des économies avancées s’en trouve structurellement affaiblie. 👉 Taux d’intérêt naturels et accumulation de capital Le vieillissement influence également l’équilibre financier de long terme. L’étude de la Banque de France (WP745) montre que l’évolution démographique explique environ 75 % de la baisse du taux d’intérêt réel naturel observée entre 1980 et 2015, soit environ 157 points de base sur une baisse totale de 210 points. Les projections indiquent une poursuite de cette pression baissière, de l’ordre de 46 points supplémentaires d’ici 2050. Le mécanisme est double : ➡️ l’anticipation d’une retraite plus longue incite à une épargne accrue ; ➡️ la hausse de la part des seniors, qui détiennent des stocks de richesse élevés, augmente le ratio capital/travail. La baisse du rendement marginal du capital qui en résulte comprime le taux naturel. Le vieillissement contribue ainsi à installer durablement un régime de taux bas. 👉 Immobilier et endettement La même étude montre que les facteurs démographiques expliquent plus de 80 % de la hausse de 50 % des prix immobiliers réels observée entre 1970 et 2008, ainsi que le doublement du ratio dette des ménages/PIB. La demande d’actifs sûrs et durables, notamment immobiliers, augmente avec l’âge. Les taux bas renforcent cet effet en stimulant l’endettement des jeunes ménages. Le vieillissement agit donc également sur la structure des marchés d’actifs. Pressions budgétaires et reconfigurations sociales 👉 Soutenabilité des retraites La montée du ratio de dépendance exerce une pression directe sur les systèmes de retraite par répartition. En France, les hypothèses démographiques doivent être révisées à la baisse : la fécondité observée (1,56) est inférieure aux hypothèses antérieures, tandis que l’immigration nette dépasse les projections. Les projections évoquent des déficits significatifs à horizon 2035-2045. Le débat sur la soutenabilité financière des systèmes sociaux est donc structurel. 👉 Dépendance et dépenses sociales La prise en charge de la perte d’autonomie représente environ 1,4 % du PIB en France, niveau comparable à la moyenne OCDE. L’aide informelle familiale demeure centrale, couvrant environ 80 % des situations de dépendance La hausse attendue du nombre de personnes âgées nécessitera une augmentation des ressources consacrées à la santé et à l’autonomie. 👉 Tentatives de relance de la natalité Face à la dénatalité, des propositions politiques émergent, telles que le versement universel de 250 euros par enfant et par mois ou la création d’un prêt à taux zéro à la naissance, pour un coût estimé entre 3 et 8 milliards d’euros. Cependant, l’expérience internationale suggère que les incitations financières ont des effets limités sur la fécondité de long terme lorsque les facteurs structurels (emploi féminin, coût du logement, normes sociales) dominent. Le vieillissement démographique constitue une transformation structurelle majeure de l’économie mondiale. Résultat combiné de la chute de la fécondité et de l’allongement de la vie, il modifie durablement la structure par âge des sociétés. Ses effets sont multiples : ➡️ ralentissement de la croissance potentielle, ➡️ baisse des taux d’intérêt naturels, ➡️ hausse des prix d’actifs, ➡️ pressions budgétaires accrues ➡️ et recomposition géo-économique. Il s’agit moins d’un phénomène conjoncturel que d’un changement de régime macroéconomique. Le XXIᵉ siècle sera ainsi marqué par la gestion d’économies vieillissantes, confrontées à la nécessité d’adapter leurs systèmes productifs, financiers et sociaux à un monde où la croissance démographique n’est plus le moteur central du dynamisme économique. |

Focus
EssirlorLuxottica / Sanofi / Covivio
Le vieillissement démographique constitue un moteur structurel de demande pour les entreprises exposées à la santé et aux besoins spécifiques des seniors. La population mondiale des plus de 60 ans passera d’environ 1 milliard en 2020 à plus de 2 milliards en 2050, modifiant durablement la structure de consommation et de dépenses de santé.
👉 EssilorLuxottica bénéficie directement de cette dynamique.
Les troubles de la vision sont fortement corrélés à l’âge : l’OMS estime à 2,2 milliards le nombre de personnes souffrant de déficience visuelle dans le monde, dont une part significative liée à la presbytie, quasi universelle après 45-50 ans. L’augmentation mécanique du nombre de seniors soutient donc structurellement la demande en verres correcteurs et équipements optiques, cœur de métier du groupe.
👉 Sanofi est exposé de manière encore plus directe au vieillissement
via la hausse des maladies chroniques (cardiovasculaires, diabète, oncologie, immunologie), dont la prévalence augmente fortement après 60 ans. Avec plus de 41 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 et un investissement massif en R&D, le groupe se positionne sur des segments thérapeutiques tirés par la chronicité et l’allongement de la vie.
👉 Covivio, enfin, bénéficie plus indirectement du vieillissement.
Si son portefeuille reste majoritairement orienté bureaux, son exposition à l’hôtellerie et au résidentiel peut capter une partie de la « silver economy » : hausse des séjours loisirs des retraités actifs et besoin croissant de logements adaptés. L’effet démographique est ici moins médical que patrimonial et immobilier, mais s’inscrit néanmoins dans une tendance de long terme liée à la montée des seniors en Europe.
➡️ EssilorLuxottica / Cours actuel : 238,20€
- Barclays : objectif de cours 355€
- Jefferies : objectif de cours 325€
- Berstein : objectif de cours 250€
➡️ Sanofi / Cours actuel : 79,58€
- Berenberg : objectif de cours 105€
- JP Morgan : objectif de cours 95€
- Barclays : objectif de cours 85€
➡️ Covivio / Cours actuel : 59,35€
Jefferies : objectif de cours 58€
Oddo BHF : objectif de cours 69€
Goldman : objectif de cours 60,60€
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Source : Eavest