Votre conseil en gestion et développement de patrimoine

Nouvelles économiques – 25/01/2026

« La tradition est un guide, et non un geôlier  »
W. SOMERSET MAUGHAM – né le 25 janvier 1874

Cette semaine

Si la saison des résultats financiers débute en France avec LVMH, Sanofi,et STMicroeectronics, celle aux États-Unis passe à la vitesse supérieure cette semaine, avec la publication des résultats des grands noms de la technologie Apple, Microsoft, Meta et Tesla, ainsi que des géants pétroliers Chevron et Exxon. Ainsi, cette semaine et la semaine prochaine marquent le pic de la saison, avec une grande partie des entreprises du S&P 500 qui actualisent le marché. Les chiffres britanniques sont également nombreux, notamment ceux de Fresnillo, la société minière d’argent qui affiche les meilleures performances du FTSE 100 pour 2025.

Mercredi, la Fed devrait laisser les taux d’intérêts inchangés à 3,75 %, attendant de voir si les perspectives économiques continuent de s’affaiblir.
Enfin, la publication des PIB en Europe devrait confirmer un ralentissement de la croissance européenne.

LES CHIFFRES ÉCONOMIQUES

Les News

Renault

Renault s’apprête à lancer la production d’une munition téléopérée à longue portée dans ses usines du Mans et de Cléon. Conçu avec l’ETI Turgis Gaillard, ce drone également pensé pour le renseignement pourrait ouvrir la voie à un marché d’environ un milliard d’euros sur 10 ans avec la DGA (Direction générale de l’Armement) s’il donne satisfaction.

Technip Energies

Un projet d’usine d’1,7 milliard d’euros dans le port de Dunkerque : Technip Energies veut se mettre à la production de carburants d’aviation durable couplé à un terminal de stockage porté par Tepsa. Le double projet doit créer 300 emplois.

Système de Paiement Européen

Ultra-dominés par les Américains Visa et Mastercard, les systèmes de paiement constituent l’une des dépendances les plus profondes de l’économie européenne. Une vulnérabilité, rarement pointée du doigt, que Bruxelles commence à regarder en face. Deux initiatives sont en cours de déploiement : le système de paiement instantané Wero et l’euro numérique.

EDF

Pour tenir les coûts et les délais de son programme EPR2, EDF annonce investir 350 millions d’euros dans l’usine belfortaine de sa filiale Arabelle Solutions, qui fabrique les plus grandes turbines au monde et cartonne à l’export.

TeraWave – Blue Origin

Face à Starlink, Blue Origin lance TeraWave, son service de connexion à Internet par satellite. Les 5 408 satellites que la société soutenue par Jeff Bezos prévoit de lancer à terme côtoieront ceux de Starlink et d’Amazon Leo mais ne s’adresseront toutefois pas aux mêmes typologies de clients, puisque  dédiés aux entreprises et gouvernements.

.

LES PERFORMANCES

LE GRAPHE DE LA SEMAINE

A L’AFFICHE : L’accord UE–Mercosur : intégration commerciale, gagnants économiques et fractures politiques

L’accord entre l’Union européenne et le Mercosur, signé formellement en janvier 2026 après plus de vingt ans de négociations, constitue l’un des accords commerciaux les plus ambitieux jamais conclus par l’UE. Il vise à créer un espace d’échanges préférentiels entre deux blocs représentant plus de 700 millions de consommateurs et près d’un cinquième du PIB mondial.

Présenté par ses promoteurs comme un levier de croissance, de diversification stratégique et de projection normative européenne, il cristallise pourtant de fortes oppositions, en particulier sur les questions agricoles, environnementales et de souveraineté économique. 

Le Mercosur : un bloc régional asymétrique mais stratégique

Créé en 1991 par le traité d’Asunción, le Mercosur (Marché commun du Sud) regroupe historiquement le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, avec une adhésion progressive de la Bolivie et la suspension du Venezuela. Son objectif initial était la libre circulation des biens, une politique commerciale commune et une intégration régionale sud-américaine.

Dans les faits, le Mercosur demeure un ensemble économiquement très asymétrique. Le Brésil concentre à lui seul plus de 70 % du PIB du bloc et plus de 80 % des échanges commerciaux avec l’Union européenne. Les économies du Paraguay et de l’Uruguay, beaucoup plus petites et ouvertes, dépendent fortement de leurs exportations agricoles, tandis que l’Argentine oscille entre volonté d’ouverture et réflexes protectionnistes.

Pour l’Union européenne, le Mercosur constitue :

➡️ un marché de débouchés industriels encore fortement protégé,

➡️ une source stratégique de matières premières agricoles et minérales,

➡️ et un terrain de concurrence géopolitique face à la Chine et aux États-Unis.

L’accord UE–Mercosur : un accord commercial majeur mais juridiquement complexe

👉 Une signature récente mais une ratification encore incertaine

Après un accord politique conclu en décembre 2024, le texte a reçu un feu vert des États membres début janvier 2026, avant d’être signé formellement le 17 janvier 2026 à Asunción. Toutefois, cette signature ne signifie pas une entrée en vigueur immédiate et totale.

L’architecture de l’accord distingue :

➡️ un volet strictement commercial, susceptible d’être appliqué via une approbation du Conseil et du Parlement européen,

➡️ et un volet mixte, incluant des dimensions politiques, environnementales et juridiques, nécessitant des ratifications nationales.

Cette distinction explique pourquoi l’accord est souvent qualifié de “signé mais politiquement fragile”.

👉 Un accord de nouvelle génération

L’accord UE–Mercosur ne se limite pas à une baisse de droits de douane. 

Il inclut :

➡️ l’accès aux marchés publics,

➡️ la protection de 350 indications géographiques européennes,

➡️ des règles sur les services, les investissements et la propriété intellectuelle,

➡️ et des engagements (contestés) en matière de développement durable.

Les mécanismes économiques : une libéralisation massive mais asymétrique

👉 Démantèlement tarifaire

Plus de 90 % des lignes tarifaires seront libéralisées à terme. Pour les entreprises européennes, cela signifie l’accès à des marchés jusqu’ici fortement protégés, avec des droits atteignant :

➡️ 27 % sur le vin,

➡️ 35 % sur les automobiles,

➡️ 35 % sur le textile et l’habillement.

Dans l’automobile, secteur emblématique, les droits sur les véhicules européens seront progressivement démantelés sur 15 à 18 ans, avec une première baisse immédiate de 35 % à 25 % pour certains segments.

👉 Agriculture : ouverture sous quotas

Côté européen, l’ouverture est plus prudente et s’opère via des contingents tarifaires :

➡️ 99 000 tonnes de viande bovine à droit réduit (7,5 %),

➡️ 180 000 tonnes de volaille,

➡️ 180 000 tonnes de sucre,

➡️ 60 000 tonnes de riz.

Ces volumes restent modestes à l’échelle du marché européen, mais concentrent leurs effets sur des filières déjà fragilisées.

👉 Services et investissements

Les échanges de services UE–Mercosur dépassent déjà 42 Md€ par an, dont près de 30 Md€ d’exportations européennes. L’UE est également le premier investisseur étranger dans la région, avec un stock d’IDE proche de 390 Md€. L’accord vise à sécuriser et amplifier ces flux.

Les grands gagnants de l’accord

👉 Le Brésil, bénéficiaire central côté Mercosur
Le Brésil apparaît comme le grand gagnant structurel :
➡️ par son poids dans les échanges,
➡️ par son avantage comparatif agricole,
➡️ et par son attractivité industrielle et minière.

L’accord renforce son rôle de fournisseur clé de l’UE, tout en facilitant l’arrivée d’investissements européens dans l’industrie, l’énergie et les infrastructures.

👉 Les pays industriels européens
Côté UE, les principaux gagnants sont les pays à forte spécialisation exportatrice :
➡️ Allemagne : machines-outils, chimie, automobile, équipements industriels.
➡️ Italie et Espagne : biens intermédiaires, équipements, agroalimentaire premium.
➡️ France : vins et spiritueux, produits à indication géographique, services à haute valeur ajoutée.

Les entreprises européennes de services (ingénierie, finance, logistique, conseil) bénéficient également d’un cadre plus stable et plus prévisible.

Les perdants et les zones de tension

👉 Les filières agricoles européennes sensibles
Les principales oppositions viennent des filières :
➡️ bovine,
➡️ avicole,
➡️ sucrière,
en particulier en France, en Irlande, en Pologne et en Autriche.

Même si certaines études estiment l’impact macroéconomique limité (baisse de revenu bovin estimée autour de –0,3 %), la concentration géographique et sociale des pertes explique la virulence des réactions.

👉 Les industries protégées du Mercosur
À l’inverse, dans les pays du Mercosur, les perdants potentiels sont :
➡️ l’industrie automobile locale,
➡️ le textile,
➡️ certaines productions manufacturières peu compétitives face aux standards européens.

L’accord agit ainsi comme un révélateur de la nécessité de réformes structurelles internes.

👉 Les enjeux environnementaux et sociétaux
Enfin, au-delà des perdants économiques directs, l’accord suscite une contestation liée :
aux risques de déforestation,
à l’empreinte carbone des échanges,
aux écarts de normes sanitaires et environnementales.
Ces critiques pèsent lourdement sur son acceptabilité politique en Europe.

L’accord UE–Mercosur est un accord économiquement rationnel mais politiquement inflammable. Il favorise clairement les grandes économies exportatrices, les industries européennes et le Brésil, tout en exposant des filières agricoles spécifiques et des secteurs industriels protégés. 

Il apparait aussi, comme un outil de puissance silencieuse pour l’Union européenne, un instrument de diversification stratégique pour le Mercosur, et un facteur de concurrence indirecte pour la Chine.

Plus qu’un simple accord commercial, il révèle les tensions contemporaines entre :
➡️ ouverture et souveraineté,
➡️ compétitivité globale et cohésion territoriale,
➡️ ambition géopolitique européenne et contraintes sociales internes.

Son avenir dépendra moins de ses gains macroéconomiques — réels mais modérés — que de la capacité des États européens à accompagner les perdants, à rendre crédibles les clauses de sauvegarde, et à réconcilier commerce, agriculture et transition environnementale.

Focus : SIEMENS ENERGY :  » Let’s Make Tomorrow Different Today « 

Si l’accord Mercorsur favorise clairement les industriels exportateurs européens via la baisse des droits de douane, ses effets sont plus ambigus pour les acteurs positionnés sur les infrastructures lourdes et énergétiques, dont les modèles reposent moins sur le commerce pur que sur l’investissement de long terme.

Siemens Energy devrait toutefois être un bénéficiaire indirect, conditionnel et structurel de l’accord UE–Mercosur, davantage par ses implications stratégiques que par ses mécanismes commerciaux immédiats.

👉Les pays du Mercosur — en particulier le Brésil — font face à trois contraintes lourdes :

➡️ croissance de la demande électrique,

➡️ électrification de l’industrie,

➡️ intégration massive des renouvelables (hydro, éolien, solaire).

✅ Or Siemens Energy est précisément positionné sur les “backbones” du système énergétique :

➡️ turbines gaz & vapeur,

➡️ réseaux haute tension (HVDC),

➡️ stabilisation des réseaux avec forte part d’ENR,

➡️ services long terme (maintenance, digital).

L’accord UE–Mercosur renforce la visibilité et la sécurité juridique pour ce type de projets capex lourds, souvent financés sur 15–25 ans.

👉 Certes, Siemens Energy, vend peu de “produits standard exportables”, et travaille surtout sur grands projets locaux, souvent en consortium.

Or, l’accord :

➡️ facilite l’accès aux marchés publics,

➡️ améliore la protection des investissements,

➡️ réduit les frictions réglementaires.

C’est exactement le type d’environnement dont Siemens Energy a besoin pour sécuriser ses carnets de commandes long terme.

Malgré ces éléments favorables, il serait exagéré de considérer l’accord UE–Mercosur comme un “game changer” pour Siemens Energy. L’entreprise reste exposée à plusieurs contraintes majeures : 

⚠️ concurrence intense des acteurs chinois et locaux, 

⚠️ cycles longs des projets énergétiques, 

⚠️ dépendance aux décisions politiques nationales et défis internes liés à l’exécution industrielle.

L’accord UE–Mercosur ne supprime pas ces risques. Il améliore simplement la position relative de Siemens Energy dans un espace géographique stratégique, sans garantir une traduction rapide en résultats financiers.

Cours actuel : €141,71

UBS : objectif de cours €175

JPMorgan : objectif de cours €160

RBC : objectif de cours €150

Vous pouvez nous adresser vos remarques, points de vue ou échanger sur un sujet avec nous tant qu’avec Eavest en écrivant à info@pp-antilles

Source : Eavest

Belle semaine !

Nouvelles économiques – 25/01/2026

« La tradition est un guide, et non un geôlier  » W. SOMERSET MAUGHAM – né le 25 janvier 1874 Cette semaine Si la saison