Taux d’intérêts à long terme
Les taux d’intérêt à long terme sont ceux des obligations d’État à échéance de 10 ans. Les taux dépendent essentiellement du prix facturé par le prêteur, du risque propre à l’emprunteur et de la réduction de la valeur du capital. Les taux d’intérêt à long terme sont généralement des moyennes de taux journaliers, exprimées en pourcentage. Ces taux d’intérêt correspondent aux cours auxquels ces obligations d’État s’échangent sur les marchés de capitaux, et non aux taux d’intérêt fixés à l’émission de ces emprunts. Dans tous les cas, ce sont des taux d’intérêt sur des obligations dont le remboursement du capital est garanti par l’État. Les taux d’intérêt à long terme sont un déterminant de l’investissement des entreprises. Ils stimulent l’investissement en équipement neuf lorsqu’ils sont bas et ont un effet dissuasif lorsqu’ils sont élevés. L’investissement est lui-même une grande source de croissance économique.
Taux d’intérêts à court terme
Les taux d’intérêt à court terme sont les taux d’emprunt à court terme appliqués entre institutions financières ou les taux des titres d’État à court terme sur le marché primaire ou secondaire. Les taux d’intérêt à court terme sont généralement des moyennes de taux journaliers, exprimées en pourcentage. Les taux d’intérêt à court terme sont les taux du marché monétaire à trois mois, lorsqu’ils sont disponibles. Ils sont couramment désignés par les termes normalisés « taux du marché monétaire » et « taux des bons du Trésor ». Les taux courts dépendent donc des politiques monétaires, car ils sont liés au prix que demandent les banques centrales pour financer les banques commerciales. Ces taux courts sont ceux qui déterminent les taux variables du crédit immobilier.
Différence entre les taux d’intérêt à court et long terme
Sur les marchés financiers, les taux courts représentent la rémunération de l’argent sur de courtes durées (entre un jour et un an). Plusieurs groupes de taux d’intérêt peuvent être pris comme référence, comme le taux Euribor (Euro Interbank Offered Rate) ou le taux Eonia (Euro OverNight Index Average). Il convient de préciser que ces taux de référence sont voués à disparaître d’ici quelques années pour être remplacés par de nouveaux taux directeurs. Ceci est la conséquence des trop nombreuses manipulations de cours sur les taux actuels.
Les taux d’intérêt de court terme résultent de la politique monétaire qui les détermine au jour le jour en regard des priorités macroéconomiques. Afin de contenir d’éventuelles tensions inflationnistes, la Banque centrale maintiendra des taux directeurs élevés sur le marché interbancaire afin de renchérir le refinancement des établissements de crédit et, par contagion, le coût de tous les emprunts, ceci afin de limiter la masse monétaire. En cas d’une tendance à la récession, il sera possible d’abaisser le loyer de l’argent afin d’améliorer la profitabilité de l’investissement et de relancer l’activité. La volonté d’attirer ou de retenir les capitaux internationaux, en les rémunérant suffisamment, et/ou de maintenir une parité de change donnée, conduit souvent la Banque centrale à indexer de manière plus ou moins rigide son niveau de l’intérêt sur celui des pays partenaires.
Les taux à long terme s’établissent sur le marché des titres à échéance lointaine (obligations, valeurs du Trésor) et résultent des contraintes inhérentes aux « fondamentaux » suivants :
- l’offre de fonds prêtables dépend du volume de l’épargne et de la préférence pour la liquidité ;
- la demande est constituée principalement de l’investissement et des emprunts publics ; ceux-ci contribuent à assécher les ressources et, lorsqu’ils sont importants, entrent en concurrence avec les besoins privés en provoquant par conséquent l’augmentation du taux d’intérêt (« effet d’éviction ») ;
- la prime de risque intégrée au loyer de l’argent et exigée par le prêteur s’accroît en période d’incertitudes et de forte volatilité des cours.
Les taux longs réagissent aux anticipations de croissance et d’inflation. Ils ont une influence sur les taux fixes du crédit immobilier.
Les taux longs peuvent devenir négatifs, par exemple lorsque les investisseurs estiment qu’un pays a une signature suffisamment qualitative en comparaison des autres ou que les craintes de déflation généralisée sont importantes. Dans ce dernier cas, les investisseurs espèrent que le taux, même négatif, sera supérieur au taux d’inflation lui-aussi négatif. Depuis plus de 4 ans, le Japon présente par exemple une partie de ses taux long en territoire négatif.
Taux courts et taux longs : des évolutions parfois contradictoires
Les taux longs sont le plus souvent supérieurs aux taux courts. En règle générale, les prêteurs (banques, compagnies d’assurance…) considèrent ainsi que le risque pris sur la durée est supérieur au risque pris à court terme.
Pour autant, il arrive parfois que les rendements à court terme soient plus élevés que les rendements à long terme. On parle alors d’inversion de la courbe des taux. Ce phénomène, plutôt rare, correspond à une situation où les investisseurs manquent de visibilité sur l’avenir.
Une récession peut alors survenir, mais ce n’est pas nécessairement le cas comme l’illustre actuellement le cas des Etats-Unis. Le pays, en situation de plein-emploi et avec une croissance élevée par rapport à la moyenne mondiale, bénéficie de baisses d’impôt et d’assouplissements réglementaires qui contribuent à entretenir la création de richesses et à éloigner le risque de récession.
Au-delà des impacts sur le crédit immobilier, les taux ont un effet sur le rendement des autres classes d’actifs et c’est en grande partie ce qui explique la bonne tenue des bourses mondiales dans un environnement de taux bas.
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