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Nouvelles économiques – 22/03/2026

« Dans un monde fou, seuls les fous sont sages. »
Akira KUROZAWA né le 23 Mars 1910

Cette semaine

La semaine s’ouvre sur la publication des chiffres de l’inflation au Japon, suivis de ceux du Royaume-Uni, même si ces deux séries ne concernent que le mois de février et ne reflètent donc pas l’impact de la flambée des prix du pétrole. Les indices PMI mondiaux pourraient apporter un éclairage sur la situation, puisqu’il s’agit des premières estimations pour le mois de mars. 

En clair, la guerre au Moyen-Orient et son effet sur les prix du pétrole seront le véritable moteur de la volatilité cette semaine.

LES CHIFFRES ÉCONOMIQUES

Les News

Nvidia

Nvidia s’est allié avec les européens STMicroelectronics, NXP et Infineon. Développeur du «cerveau» des robots humanoïdes, le leader mondial des puces d’intelligence artificielle (IA) se repose sur ses partenaires pour lui fournir les capteurs, actionneurs et autres composants qui permettent aux robots de percevoir et interagir avec le monde physique. 

Boeing

Alors que Boeing s’apprête à ouvrir une quatrième ligne de production pour son 737 MAX, un défaut de câblage l’a contraint à retarder la livraison d’une vingtaine d’appareils en mars 2026. Le groupe américain assure que ses objectifs annuels ne sont pas touchés.

Orange

Alors que le nombre de drones civils ne cesse de croître et que leurs usages malveillants se multiplient, Orange Business lance Orange Drone Guardian, une solution évolutive de lutte anti-drones en mode “as a Service”. Une façon de s’ouvrir au marché lucratif qu’est la défense tout en apportant son expertise sur les réseaux.

Samsung

Samsung fait un pari massif sur l’IA. Le groupe prévoit plus de 110 000 milliards de wons (74 milliards d’euros) d’investissements dès 2026 pour devenir le seul acteur capable de couvrir toute la chaîne des semi-conducteurs, de la mémoire au packaging. 

Secteur bancaire US

Les grandes banques régionales pourront réduire de 5,2% le niveau de capital requis et les établissements dont les actifs sont inférieurs à 100 milliards de dollars de 7,8%, selon la proposition.

LES PERFORMANCES

LE GRAPHE DE LA SEMAINE

A L’AFFICHE

IA & Défense : vers une guerre algorithmique — rupture stratégique, recomposition industrielle et implications d’investissement

L’histoire militaire moderne peut être interprétée comme une succession de révolutions technologiques qui ont redéfini les conditions de la puissance : 

➡️ la poudre à canon a bouleversé la guerre médiévale, 

➡️ la mécanisation a transformé la Première Guerre mondiale, 

➡️ l’aviation et le nucléaire ont structuré le XXe siècle. 

L’intelligence artificielle s’inscrit dans cette continuité, mais introduit une rupture d’une nature différente : 

➡️ elle ne modifie pas seulement les outils de la guerre, 

➡️ elle modifie la logique même de la décision militaire.

En effet, si les révolutions précédentes ont accru la puissance de feu, l’IA accroît la vitesse cognitive du système militaire. Elle permet de transformer une masse de données — images satellites, flux drones, signaux électroniques — en décisions opérationnelles quasi instantanées. Ce basculement est aujourd’hui observable dans les conflits contemporains, notamment en Ukraine et au Moyen-Orient, où la guerre devient progressivement une confrontation entre architectures informationnelles plutôt qu’entre seules plateformes physiques.

Dès lors, l’IA ne constitue pas uniquement un enjeu militaire : elle devient un enjeu industriel et financier majeur, redéfinissant la chaîne de valeur de la défense et les opportunités d’investissement associées.

L’IA redéfinit la supériorité militaire : de la puissance de feu à la vitesse de décision

La supériorité militaire ne se mesure plus uniquement à la capacité de destruction, mais à la capacité de décider plus vite que l’adversaire. Cette idée, théorisée dès les années 1970 avec la boucle OODA (Observe, Orient, Decide, Act), trouve aujourd’hui une traduction concrète grâce à l’IA.

Des entreprises comme Palantir incarnent cette transformation. Leurs plateformes permettent d’agréger des données provenant de satellites, de drones et de sources humaines pour générer des représentations dynamiques du champ de bataille. Dans les opérations récentes, ce type de système a permis de réduire le temps entre détection et frappe de plusieurs heures à quelques minutes.

Un exemple emblématique est la comparaison entre les campagnes contre l’État islamique (2014–2019), où la génération de cibles pouvait prendre plusieurs jours, et les opérations récentes contre l’Iran, où des milliers de cibles auraient été générées en quelques jours. Cette accélération traduit un changement de paradigme : la guerre devient une compétition de latence informationnelle.

2025–2026 : convergence entre tensions géopolitiques et maturité technologique

Le retour des conflits de haute intensité — Ukraine, Moyen-Orient — s’inscrit dans un contexte de rivalité accrue entre grandes puissances, notamment entre les États-Unis et la Chine. Les dépenses militaires mondiales dépassent désormais 2 400 milliards de dollars, marquant une rupture avec la période post-Guerre froide.

Parallèlement, les technologies nécessaires à la guerre algorithmique ont atteint une maturité critique : 

➡️ cloud, 

➡️ intelligence artificielle, 

➡️ capteurs bon marché, 

➡️ miniaturisation électronique. 

Cette convergence permet un déploiement rapide sur le terrain.

Des groupes comme Leonardo ou Thales ont intégré ces technologies dans leurs feuilles de route, en développant des architectures multi-domaines où l’IA joue un rôle central.

Le cas israélien est également révélateur : Elbit Systems a su capitaliser sur une proximité unique entre innovation technologique et retour d’expérience opérationnel, accélérant l’intégration de l’IA dans ses systèmes.

Du hardware au software : inversion de la hiérarchie de la valeur

L’une des transformations les plus profondes introduites par l’IA est le déplacement de la valeur du matériel vers le logiciel. Là où un avion de chasse représentait historiquement l’essentiel de la valeur, celle-ci se trouve désormais de plus en plus dans les systèmes qui le relient à son environnement informationnel.

Un drone bon marché équipé de capteurs NextVision Stabilized Systems et piloté par des algorithmes peut neutraliser un blindé valant plusieurs millions d’euros. Cette asymétrie économique bouleverse les équilibres traditionnels.

Des entreprises comme Hensoldt illustrent ce phénomène : la valeur de leurs produits ne réside pas seulement dans le capteur, mais dans sa capacité à être intégré dans un système de données en temps réel.

Ainsi, la défense se rapproche du modèle des grandes plateformes technologiques, où l’avantage compétitif repose sur l’écosystème logiciel et la capacité d’intégration.

Une diffusion systémique de l’IA dans toutes les fonctions militaires

L’IA ne se limite pas au ciblage ; elle irrigue l’ensemble de la chaîne militaire.
➡️ Dans le renseignement, elle permet d’analyser des flux massifs d’images satellites, comme celles fournies par Maxar Technologies.
➡️ Dans le commandement, des acteurs comme CACI développent des systèmes de fusion de données et de guerre électronique.
➡️ Dans la cybersécurité, des entreprises duales comme Palo Alto Networks ou Darktrace contribuent à la protection des systèmes critiques.

Cette diffusion transforme la guerre en un système intégré, où chaque composant dépend des autres, et où la performance globale repose sur la qualité de l’intégration.

Ukraine : la guerre de la masse intelligente et de l’itération rapide

Le conflit ukrainien constitue le premier exemple à grande échelle d’une guerre fondée sur la prolifération de systèmes autonomes et semi-autonomes. Avec plus de 4,5 millions de drones utilisés en 2025 et une part estimée de 70 à 80 % des pertes liées à ces systèmes, le champ de bataille devient saturé de capteurs et d’effecteurs.

L’Ukraine a adopté une stratégie proche de celle des start-ups technologiques : itération rapide, adaptation continue et exploitation des données. Les drones sont constamment améliorés grâce aux retours du terrain, créant un avantage cumulatif.

Des technologies comparables à celles développées par AeroVironment ou intégrées dans des systèmes européens montrent que la guerre moderne récompense la capacité à produire en masse et à s’adapter rapidement.

Iran : la guerre de la compression du temps stratégique

Le conflit impliquant les États-Unis et Israël contre l’Iran illustre une autre dimension de l’IA : la capacité à accélérer la guerre à l’échelle opérative.

Des systèmes proches de ceux développés par Palantir ou Elbit Systems permettent de traiter simultanément des milliers de données pour générer des cibles. Cette capacité à réduire le temps entre détection et frappe transforme la guerre en un système dynamique, où la vitesse devient un facteur décisif.

Cependant, cette accélération pose des questions en matière de contrôle humain et de fiabilité des décisions.

Les risques clés : régulation, dépendance et incertitude — le triptyque critique du thème IA & Défense

Si la thématique IA & défense présente un potentiel structurel évident, elle se distingue néanmoins par un profil de risque spécifique, supérieur à celui de nombreux autres secteurs technologiques. Trois dimensions doivent être analysées de manière conjointe : 
➡️ la régulation : incomplète, mouvante et potentiellement restrictive.
➡️ la dépendance aux États : un moteur de croissance… et un risque structurel
➡️ et l’incertitude technologique et géopolitique : entre promesse et réalité.

En conclusion, l’intelligence artificielle ne remplace pas la guerre traditionnelle ; elle en modifie les règles. Elle introduit une nouvelle dimension, celle de la vitesse et de la donnée, qui redéfinit les équilibres stratégiques et industriels.

Pour les investisseurs, le défi consiste à identifier les acteurs capables de tirer parti de cette transformation, tout en prenant en compte les risques inhérents à un secteur en mutation rapide.

Focus

PALANTIR : l’architecture invisible de la guerre algorithmique

Palantir n’est pas une entreprise technologique classique. Elle ne vend ni des armes, ni des données. Elle vend la capacité à transformer le chaos informationnel en décision opérationnelle.

Fondée dans le contexte post-11 septembre, l’entreprise s’est  construite autour d’une ambition singulière : organiser le réel sous forme de données exploitables, transformant l’information en avantage stratégique.

Ses principales plateformes sont — Gotham, Foundry et plus récemment AIP. Là où les systèmes traditionnels stockaient l’information, Palantir la structure et la contextualise. L’entreprise devient ainsi une interface entre le monde réel et la décision militaire.

Cette position lui confère un avantage stratégique considérable. Une fois intégrée dans les systèmes d’un État, Palantir crée une forme de dépendance structurelle : elle ne fournit pas seulement un outil, mais le langage même dans lequel les décisions sont prises. Ce phénomène de vendor lock-in transforme l’entreprise en infrastructure critique de souveraineté.

Le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran constitue une démonstration particulièrement éclairante du rôle de Palantir dans la guerre contemporaine. Ce conflit marque le passage d’une guerre fondée sur la puissance matérielle à une guerre fondée sur la vitesse de traitement de l’information

Là où environ 2 000 analystes étaient nécessaires lors de la guerre d’Irak, une vingtaine de spécialistes suffisent aujourd’hui pour accomplir des tâches similaires. Dans le cas du conflit avec l’Iran, cela a permis de planifier et d’exécuter plus de 1 000 frappes en un temps extrêmement réduit (24H).

Résultats consolidés 2025

👉 Résultats financiers

➡️ CA 2025 : 4,48 Md$ (+56%)

➡️ Résultat net : 1,63 Md$ (+250%)

➡️ Marge opérationnelle élevée (~50%)

👉 Dualité business : défense + commercial

➡️ Croissance défense : 54% du CA (Pentagone, OTAN, DGSE…) 

➡️ Explosion du commercial – AIP – : 46% du CA (BP, Airbus, Hyundai…)

➡️ +954 clients, principalement aux USA

En conclusion, Palantir bénéficie d’un avantage structurel majeur : un modèle fondé sur le software, les marges élevées et le verrouillage client, renforcé par son intégration profonde dans les architectures étatiques.

Cours actuel : 150,77 USD

HSBC : objecxtif de cours 205 USD

UBS : objectif de cours 200 USD

Mizuho : objectif de cours 195 USD

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Source : Eavest

Belle semaine !

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