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Nouvelles économiques – 05/07/2026

« Sans promotion, il se produit quelque chose de terrible… rien. »
Phineas Taylor Barnum né le 5 Juillet 1810

Cette semaine

Cette semaine sera principalement marquée par la publication de données de second plan, même si l’indice PMI des services ISM américain constitue un événement notable. 

Au Royaume-Uni, le géant pétrolier Shell publiera ses derniers résultats, tout comme Severn Trent, société de distribution d’eau réputée pour ses dividendes généreux. Aux États-Unis, Delta Airlines sera la première grande entreprise à publier ses résultats du deuxième trimestre, la saison des résultats s’ouvrant véritablement la semaine suivante.

LES CHIFFRES ÉCONOMIQUES

Les News

Exosens : Les contrats pleuvent 

Après les signatures de contrats majeurs en Allemagne, au Royaume-Uni, en Pologne, en Belgique, en Espagne, en Finlande, en France et jusqu’en Australie, la République tchèque commande 17 000 tubes intensificateurs d’image à Exosens. Le contrat constitue la plus grande commande de ce type jamais engagée par Prague.

Airbus ; Attention record

3 milliards d’euros : Airbus reçoit le plus gros financement jamais réalisé par la Banque européenne d’investissement en faveur d’une entreprise. Ces financements serviront à soutenir les activités de R&D à long terme du groupe en France, en Allemagne et en Espagne, dans les domaines de l’aviation commerciale et de la défense aérienne.

Suez & EDF : Rapide

La visite en France du sultan d’Oman a été l’occasion pour Suez et EDF de signer chacun un contrat de plusieurs milliards d’euros. Le premier (2 milliards) gèrera les réseaux d’eau et d’assainissement de la moitié des habitants du pays et le second (2,6 milliards) développera et exploitera une stations de transfert d’énergie par pompage.

Safran : Robotique civil et militaire

Exail Technologies et Safran ont annoncé être entrés en négociations exclusives en vue d’une potentielle acquisition de l’ex-Groupe Gorgé par l’équipementier aéronautique français.

CMA CGM: 75 mètres de haut et de 399,9 mètres de long

Au Havre, CMA CGM a baptisé son plus gros navire, le Notre-Dame, d’une capacité de 24000 conteneurs. Il marque un nouveau cap en matière de décarbonation pour l’armateur français, car propulsé au GNL et où l’intelligence artificielle joue aussi un rôle.

 LES PERFORMANCES

LE GRAPHE DE LA SEMAINE

A L’AFFICHE

Le vin n’est pas une bouteille. C’est un actif.
Le marché du vin traverse aujourd’hui un paradoxe rarement observé. Depuis trois ans, les prix des grands crus corrigent. Bordeaux recule, la Bourgogne se normalise et les principaux indices Liv-ex sont revenus sur leurs niveaux d’avant pandémie. 

Dans le même temps, les fondamentaux économiques n’ont probablement jamais été aussi solides. Les volumes produits diminuent sous l’effet des aléas climatiques, les allocations se multiplient, les grands terroirs restent impossibles à reproduire et la demande mondiale continue de se concentrer sur les cuvées les plus prestigieuses.

En d’autres termes, le marché regarde aujourd’hui une baisse des prix alors que la rareté, elle, continue de progresser. C’est précisément ce décalage qui semble intéressant. Car contrairement aux actions, aux obligations ou à l’immobilier, le vin possède une caractéristique unique : son stock mondial diminue chaque année. Chaque bouteille ouverte disparaît définitivement. Aucun domaine ne pourra jamais produire une nouvelle Romanée-Conti 1999 ou un Château Latour 1982.

La correction actuelle mérite donc une question simple : le marché assiste-t-il à la fin d’un cycle… ou au retour d’un point d’entrée devenu enfin raisonnable ?

La correction efface les excès du cycle précédent, pas la valeur du marché

Le marché du vin n’a pas échappé au cycle qui a touché la plupart des actifs patrimoniaux. Entre 2020 et 2022, les taux d’intérêt historiquement bas, l’excès de liquidités et le retour massif des investisseurs vers les actifs tangibles ont provoqué une envolée spectaculaire des grands crus. Les premiers grands crus bordelais, les grandes maisons de Champagne et les domaines iconiques de Bourgogne ont atteint des niveaux de valorisation rarement observés auparavant.

Le Liv-ex 1000, indice mondial de référence regroupant les mille vins les plus échangés sur le marché secondaire, a notamment progressé de près de +20% sur la seule année 2022, certaines régions comme la Bourgogne et le Champagne s’envolant bien davantage, avant d’entamer une correction. Depuis son pic de juin 2023, l’indice a reculé d’environ 23% à 25%, le ramenant sur ses niveaux de début 2020.

Attribuer cette baisse à un désintérêt pour le vin serait pourtant une erreur d’analyse. 

Comme pour les montres de collection, les œuvres d’art ou certaines voitures d’exception, la hausse des taux a mécaniquement réduit l’appétit des investisseurs pour les actifs ne distribuant pas de revenus. Le vin a donc corrigé parce que son coût d’opportunité a augmenté, non parce que sa valeur intrinsèque s’est dégradée. 

La Chine explique à elle seule une grande partie de cette correction. Pendant plus d’une décennie, les grands crus bordelais ont bénéficié d’une demande exceptionnelle provenant des investisseurs asiatiques. Le ralentissement économique chinois et les tensions commerciales ont inversé cette dynamique. 

En octobre 2024, 
➡️ Pékin a instauré des droits antidumping d’un taux moyen de 34,8% sur les eaux-de-vie de vin européennes, ciblant particulièrement le cognac.
➡️ Les exportations françaises de vins et spiritueux vers la Chine ont chuté de 56% au premier trimestre 2025 par rapport à la même période de 2024. Pour autant, le marché mondial ne s’est pas arrêté. 

Les États-Unis demeurent le premier marché mondial des vins premium et les family offices continuent d’acheter.

Surtout, les données de fin 2025 suggèrent que le marché a trouvé un plancher. 
➡️ En novembre 2025, le Liv-ex 1000 a progressé de +0,4%, sa troisième hausse mensuelle consécutive
➡️ La valeur totale des offres d’achat sur Liv-ex a atteint 31 millions de livres sterling, le niveau le plus élevé depuis avril 2023, et les offres des acheteurs asiatiques et britanniques ont bondi de 135% par rapport à la moyenne de 2024. 
➡️ Fait significatif : les acheteurs ont déclenché 38% des transactions en novembre, la plus forte proportion de l’année, signe que la demande reprend progressivement le dessus sur l’offre.

La seule classe d’actifs dont le stock diminue mécaniquement avec le temps

C’est probablement la caractéristique la plus originale du marché, et pourtant elle est rarement mise en avant. 

👉 Lorsqu’un investisseur achète une action Hermès, une obligation d’État ou un lingot d’or, l’actif continue d’exister vingt ou trente ans plus tard. Le temps peut modifier sa valeur, mais il ne réduit pas son offre. Le vin obéit à une logique radicalement différente. Chaque bouteille ouverte disparaît définitivement du marché. Chaque repas gastronomique, chaque cave familiale dispersée ou chaque dégustation organisée par un collectionneur réduit un peu plus le nombre de bouteilles disponibles. Cette réalité constitue le principal moteur économique du marché : peu de classes d’actifs voient ainsi leur offre diminuer mécaniquement avec le temps.

👉 À cette destruction progressive du stock s’ajoute une seconde contrainte, encore plus puissante : personne ne peut augmenter la production des grands terroirs. 
Un constructeur automobile peut bâtir une nouvelle usine. Une entreprise de luxe peut accroître ses capacités de production. Rien de tout cela n’est possible dans le vin. On ne créera jamais une nouvelle Romanée-Conti, un nouveau Montrachet ou un second Château Margaux. La géographie impose ici une contrainte absolue qui transforme les plus grands terroirs en véritables monopoles naturels.

👉 Le système des allocations illustre parfaitement cette économie de la rareté. 
Lorsqu’un domaine reçoit davantage de demandes qu’il ne possède de bouteilles, il ne choisit pas d’augmenter sa production ; il sélectionne simplement les clients qui auront le privilège d’acheter son vin. En Bourgogne, certaines allocations se transmettent presque comme un patrimoine. Refuser son allocation une seule année peut suffire à la perdre définitivement, tandis que certains amateurs attendent parfois plus de dix ans avant d’accéder à quelques bouteilles. Lorsque le prix ne suffit plus à équilibrer l’offre et la demande, la rareté devient elle-même un mode de sélection.

👉 Le changement climatique constitue un autre facteur de rareté. 
Selon l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), la production mondiale est restée limitée à 227 millions d’hectolitres en 2025, l’un des niveaux les plus faibles observés depuis plus de soixante ans, tandis que la superficie du vignoble français a encore reculé de 4,4% sur un an. Une faible récolte ne réduit pas seulement la production d’une année ; elle diminue définitivement le nombre de bouteilles qui pourront encore être échangées dans vingt ou trente ans. Le changement climatique constitue donc une mauvaise nouvelle pour les producteurs, mais il renforce paradoxalement la rareté économique des grands millésimes déjà produits.
La France possède le plus puissant monopole naturel du luxe

Si le vin constitue une classe d’actifs à part, la France occupe elle aussi une position unique. Dans la plupart des secteurs du luxe, la concurrence existe.
Dans le vin, cette concurrence est beaucoup plus théorique. Il n’existe qu’une seule Romanée-Conti, un seul Château Margaux, un seul Clos de Tart ou un seul Montrachet. La valeur ne repose donc pas uniquement sur la qualité du produit ; elle repose sur l’impossibilité absolue de le reproduire.

Cette singularité explique pourquoi la France demeure, malgré les difficultés conjoncturelles, la référence mondiale du vin haut de gamme. 
➡️ En 2024, les exportations françaises de vins ont atteint 10,9 milliards d’euros 
➡️ et l’ensemble de la filière vins et spiritueux a généré 16,5 milliards d’euros d’exportations
➡️ contribuant à hauteur d’environ 13 milliards d’euros à l’excédent commercial français
➡️ La France assure à elle seule près de la moitié des exportations européennes de vins et spiritueux. 
Peu de secteurs industriels affichent une telle capacité à créer de la valeur sans augmenter significativement leurs volume.

C’est d’ailleurs tout le paradoxe du marché actuel. Le monde consomme moins de vin qu’il y a vingt ans, la consommation mondiale est tombée à 208 millions d’hectolitres en 2025, en recul de 2,7%, mais il dépense davantage pour les meilleures bouteilles. 

Cette évolution est particulièrement visible en Bourgogne. La région, qui ne représente que 4 % du vignoble national, a exporté pour 1,6 milliard d’euros en 2024, soit 14,6 % de la valeur totale des exportations de vin. Réunis, le champagne (3,8 milliards d’euros) et la Bourgogne représentent 49,6 % de la valeur exportée pour seulement 15,6 % des volumes. Dans ce cas, le prix devient la variable d’ajustement d’une offre structurellement limitée.

Les risques du marché expliquent précisément son inefficience

Si le vin était un actif parfait, son potentiel de performance serait probablement beaucoup plus faible. Comme toutes les classes d’actifs alternatives, il présente des contraintes qui découragent une partie des investisseurs.

👉 La première limite est évidemment la liquidité.
Contrairement à une action cotée, une bouteille ne se revend pas instantanément. Les plus grands crus disposent aujourd’hui d’un véritable marché secondaire grâce aux plateformes spécialisées comme Liv-ex, iDealwine ou Bordeaux Index, mais la liquidité reste concentrée : en 2024, 80% de la valeur échangée sur Liv-ex provenait de seulement 2 % des vins listés. Cette caractéristique impose un horizon d’investissement plus long, généralement compris entre cinq et dix ans.

     👉 Le second risque concerne la conservation. Un grand vin mal stocké perd une partie importante de sa valeur, parfois définitivement.
C’est la raison pour laquelle les investisseurs privilégient de plus en plus les caves professionnelles, qui garantissent un stockage optimal ainsi qu’une parfaite traçabilité des bouteilles. À mesure que le marché se professionnalise, la qualité de conservation devient elle-même un facteur de création de valeur.

👉 La contrefaçon représente également un enjeu majeur.
Les bouteilles les plus prestigieuses sont régulièrement la cible de fraudeurs, notamment sur les vieux millésimes. Ce risque explique l’importance croissante de la provenance dans la valorisation des grands crus.
Comme sur le marché de l’art, l’authenticité devient une composante essentielle de la valeur.

Les marchés financiers ont tendance à valoriser ce qui est facilement mesurable :
➡️ les bénéfices,
➡️ les flux de trésorerie,
➡️ les dividendes
➡️ ou les taux d’intérêt. Le vin échappe largement à ces modèles traditionnels. 
Sa valeur repose moins sur des équations financières que sur une mécanique économique beaucoup plus simple :
➡️ une offre limitée,
➡️ une demande mondiale
➡️ et un stock qui se réduit chaque année.

La correction observée depuis trois ans ne remet pas en cause cette réalité. Elle a simplement ramené les valorisations à des niveaux plus cohérents après les excès de la période post-Covid. Elle permet de retrouver des points d’entrée que le marché n’offrait plus depuis plusieurs années.

Il existe enfin une dernière différence entre le vin et la plupart des autres actifs. Une action peut être divisée. Une obligation sera remboursée à son échéance. Un immeuble pourra être rénové ou agrandi. Une grande bouteille, elle, disparaît définitivement lorsqu’elle est ouverte.

Soyons franc. Aucune valeur cotée ne permet de s’exposer purement au vin fin. Le seul véritable pure player mondial, l’australien Treasury Wine Estates, a suspendu son dividende et perdu près de la moitié de sa valeur en un an. Constellation Brands a cédé l’essentiel de ses marques de vin. Dans cet univers contraint, LVMH s’impose, non par perfection, mais par élimination.

👉  Le meilleur proxy coté du vin de luxe

Moët Hennessy, sa division Vins & Spiritueux, réunit le portefeuille de vin de luxe le plus prestigieux au monde : Dom Pérignon, Krug, Veuve Clicquot, Ruinart, Château d’Yquem, Château Minuty. 

➡️ Les maisons de Champagne du groupe conservent 22% des expéditions mondiales de l’appellation, près d’une bouteille sur cinq,

➡️ et les rosés de Provence surperforment la catégorie mondiale.

➡️ En 2025, le groupe a vendu 60,1 millions de cols de champagne et 61,9 millions de bouteilles de vins tranquilles et pétillants.

➡️ La baisse volontaire des volumes de champagne (contre 61,7 millions en 2024) illustre précisément la logique de préservation de la valeur décrite dans cette lettre.

👉  Une division qui rebondit

La dynamique récente est encourageante. Au premier trimestre 2026, la division Vins & Spiritueux a généré 1,273 milliard d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de +5% en organique, portée par un bon début d’année pour le champagne, lancement du Dom Pérignon Vintage 2017, collaboration Ruinart. Un rebond net après une année 2025 difficile, où les ventes de la division avaient reculé de 5% en organique et le résultat opérationnel courant de 25%.

👉 Une signature financière solide et un point d’entrée

À l’échelle du groupe, la solidité financière est rare : 

➡️ 11,3 milliards d’euros de free cash-flow en 2025,

➡️ une dette nette réduite de 26% à 6,86 milliards, et un ratio d’endettement de 9,9%.

➡️ Le dividende est maintenu à 13 euros par action (rendement d’environ 2,9%),

➡️ et la valorisation offre un point d’entrée : un PER de 21x contre 25 à 27x habituellement.

Signal fort : le groupe familial Arnault a franchi le seuil de 50,01% du capital le 19 février 2026, par des rachats entre 532 et 547 euros, au-dessus du cours actuel de 527,60 euros (15 juin 2026).

👉  Un engagement dans le terroir et le climat

Deux décisions récentes ancrent LVMH dans la thèse même de cette lettre, la rareté du terroir et le défi climatique : 

➡️ le rachat du Château Minuty en 2023 (estimé 350 à 450 millions d’euros)

➡️ et l’ouverture près d’Épernay d’un centre de recherche de 30 millions d’euros dédié à l’adaptation de la vigne au changement climatique.

Cours Actuel : 495,70€

UBS          : objectif de cours 650€

RBC          : objectif de cours 600€

JPMorgan : objectif de cours 580€

Source : Eavest

Belle semaine !

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