| « Nous ne pouvons pas créer les évènements. Notre tâche est de savoir en tirer le meilleur parti. » |
| Samuel ADAMS, né le 27 septembre 1722 |

Cette semaine
| Les chiffres de l’emploi aux États-Unis occuperont le devant de la scène cette semaine, alors que les anticipations d’une hausse des taux par la Fed en octobre continuent de s’intensifier. Un rapport solide sur l’emploi renforcerait encore davantage les chances d’une hausse des taux par la Fed. Les indices PMI chinois seront publiés en milieu de semaine, ainsi que l’indice PMI manufacturier ISM américain, tandis que la banque centrale australienne se réunira, même si aucun changement n’est attendu. Du côté des entreprises, cette semaine sera marquée par les résultats des enseignes de la distribution et du secteur de l’hôtellerie-restauration, notamment JD Wetherspoon, Greggs et Nike. |
LES CHIFFRES ÉCONOMIQUES

Les News
Thales
L’Irlande va renforcer sa surveillance aérienne avec cinq radars Thales d’ici 2028. Montant du contrat : estimé à 500 millions d’euros.
Forvia
De l’automobile à la défense : Forvia va assembler des drones pour MBDA et Alta Ares dans son usine de Brières-les-Scellés.
Data Center en France
À rebours des data centers géants, Phocea DC mise 120 millions d’euros sur des infrastructures edge réparties dans Marseille.
Airbus
Airbus remporte un contrat de 25 ans, dans la cybersécurité, pour sécuriser les échanges de données du ministère des Armées
Exotec
La scale-up nordiste met en exploitation deux systèmes d’automatisation Skypod dans un centre de distribution d’une filiale de Mitsubishi et chez Trusco Nakayama, société spécialisée dans la vente en gros d’outils professionnels et fournitures industrielles.
LES PERFORMANCES




LE GRAPHE DE LA SEMAINE

A L’AFFICHE
| La gauche socialiste et communiste. Redistribuer, investir, réindustrialiser : une autre gauche face à LFI. |
| Même ambition sociale que LFI, mais un choix différent : rester dans le cadre européen plutôt que le rompre. Pour les marchés, cela change tout, le risque devient fiscal, non systémique. Cinquième et dernier épisode de notre série sur les programmes économiques pour 2027. Après LFI, le RN, la droite et le bloc central, nous refermons le panorama par la gauche socialiste et communiste : 👉 Raphaël Glucksmann, Olivier Faure et Ségolène Royal dans la primaire « Choisir 2027 » 👉 Fabien Roussel pour le PCF. À première vue, les ressemblances avec LFI sont nombreuses : ➡️ justice fiscale, ➡️ hausse des salaires, ➡️ services publics, ➡️ taxation des hauts patrimoines, ➡️ investissements écologiques. Mais derrière le vocabulaire commun se cachent deux différences décisives pour un investisseur. ➡️ La première est l’Europe : là où LFI veut « désobéir » aux traités, Glucksmann place l’Union au cœur de son projet et prévoit même une trajectoire de désendettement. ➡️ La seconde est le rapport au capital : la social-démocratie veut davantage taxer le patrimoine, mais garde l’entreprise privée au centre, quand le PCF vise une appropriation publique de secteurs stratégiques. Cette gauche veut, elle aussi, changer le partage des richesses, mais dans les règles, quitte à les faire évoluer de l’intérieur, et non contre elles. Pour les marchés, cette nuance transforme un risque « systémique » (euro, dette, capitaux) en un risque « fiscal », plus classique et circonscrit. Une gauche, deux modèles économiques À l’intérieur même du pôle social-démocrate, les lignes diffèrent. Glucksmann bâtit son projet sur trois piliers : ➡️ réindustrialisation, ➡️ transition écologique, ➡️ Europe puissance, et veut déplacer la fiscalité du travail vers l’héritage et les grands patrimoines, tout en excluant PME et ETI de sa réforme des transmissions. Olivier Faure assume une ligne plus redistributive : ➡️ SMIC à 1 700 euros nets, ➡️ conférence salariale conditionnant les aides publiques, ➡️ retraite à 62 ans, ➡️ contribution de l’IA au financement social. Ségolène Royal, moins avancée, s’en tient à des priorités (pouvoir d’achat, climat) sans architecture fiscale détaillée, il serait prématuré de la situer précisément. Le PCF, lui, se situe encore plus à gauche. Le point commun de cette famille reste la redistribution ; la vraie ligne de partage porte sur un point : jusqu’où modifier les règles qui organisent le capital, l’entreprise et la propriété. Salaires : remettre le travail au centre Les salaires sont le terrain où cette gauche converge le plus, dans l’intention. Faure et Roussel proposent tous deux un SMIC à 1 700 euros nets, mais Roussel va bien plus loin : ➡️ +5 % immédiats sur tous les salaires, ➡️ +30 % du point d’indice des fonctionnaires, ➡️ et rétablissement de l’échelle mobile indexant les salaires sur les prix. Glucksmann choisit une autre voie. Plutôt qu’une hausse administrée, il veut: ➡️ taxer les très gros héritages pour alléger les cotisations salariales et augmenter le net, ➡️ et réformer le pacte Dutreil lorsqu’il sert l’optimisation des grandes transmissions. La nuance avec LFI est nette : ➡️ LFI augmente le salaire par la norme, ➡️ Glucksmann déplace la fiscalité du travailleur vers l’héritier, ➡️ Faure se situe entre les deux, ➡️ Roussel assume la hausse la plus générale. Le débat devient alors classique : ➡️ plus de salaires soutient la consommation et les recettes sociales, ➡️ mais une hausse rapide du coût du travail pèse sur les marges des entreprises les plus intensives en main-d’œuvre. C’est là que s’ouvre la question du financement. Fiscalité : faire contribuer patrimoine, héritage et capital ➡️ Glucksmann veut rééquilibrer : travail, capital et héritage, avec une contribution accrue des plus hauts patrimoines et des « méga-héritages », mais il a pris ses distances avec l’application telle quelle de la taxe Zucman à 2%, par crainte de fragiliser des entreprises dont les propriétaires ont du patrimoine sans la liquidité correspondante. Autrement dit, Place publique cherche à redéployer la fiscalité, non à remettre en cause la propriété du capital. ➡️ Le PS s’inscrit dans la même famille : fiscalité plus progressive, imposition accrue des grandes fortunes, conditionnalité des aides, et chiffre son plan à environ 39,5 milliards d’euros de recettes nouvelles, dont une taxe Zucman. Faure y ajoute une mesure phare : pour chaque euro de dividende versé aux actionnaires, l’équivalent devrait revenir aux salariés ➡️ Le PCF franchit un degré supplémentaire : rétablissement de l’ISF, cotisations sur les revenus financiers et les dividendes pour financer la Sécurité sociale, fiscalité renforcée sur les gros héritages — mais exonération des successions sous 200 000 euros. Il conteste aussi l’ampleur des aides aux grandes entreprises et veut donner plus de pouvoirs aux salariés. Même cible, le capital, mais deux philosophies : la social-démocratie redistribue davantage les fruits du capitalisme, le PCF veut en modifier l’organisation. |
