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Nouvelles économiques – 13/08/2026

« Presque tout le monde naît génie et finit enterré idiot. »
Charles BUKOWSKI né le 16 août 1920

Cette semaine

Les données britanniques et japonaises dominent cette semaine, qui s’ouvre sur la publication du PIB de la troisième économie mondiale. Viennent ensuite les données sur l’inflation, l’emploi et les ventes au détail au Royaume-Uni, puis la semaine s’achève avec les chiffres de l’inflation au Japon, alors que les anticipations de nouvelles hausses de taux se profilent à la suite de l’intervention coordonnée sur le marché des changes concernant la paire USDJPY. 

C’est une semaine calme en matière de résultats d’entreprises, les noms notables se limitant à JDSports, WalMart et Target.

LES CHIFFRES ÉCONOMIQUES

Les News

Souveraineté Spatiale

Face à Starlink, l’UE renforce la constellation IRIS² avec 66 satellites supplémentaires dédiés à la sécurité et à la défense

Uber

Uber prévoit d’investir 10 milliards de dollars dans les taxis autonomes et vise une flotte globale de 120 000 véhicules

Elon Musk

Elon Musk investit 16,8 milliards de dollars au travers de Tesla et SpaceX pour créer la plus grande usine de puces au monde, en plein cœur du Texas

Lutte anti-incendie

Hynaero s’associe à l’équipementier aéronautique Latecoere pour son bombardier d’eau amphibie made in France. Airbus, quant à lui, pourrait concevoir et fabriquer des pièces du Frégate F-100.

Paprec

Paprec poursuit sa stratégie de conquête à l’international. Le spécialiste français du traitement des déchets vise 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires hors de France en 2028. Après s’être développé en Suisse, Espagne, Royaume-Uni, Pologne et plus récemment en Italie, il met le cap à l’Est.

 LES PERFORMANCES

LE GRAPHE DE LA SEMAINE

A L’AFFICHE

Aéronautique & Défense : l’Amérique réarme son industrie
La vraie question n’est plus combien Washington dépense, mais à quelle vitesse son industrie peut produire ce que ses armées consomment.

Pendant trois décennies, la puissance militaire américaine s’est largement appuyée sur un avantage technologique, une base industrielle extrêmement concentrée et des stocks constitués dans un environnement stratégique relativement prévisible. Les conflits récents sont en train de modifier cette équation. 

La question n’est désormais plus seulement de savoir combien Washington dépense pour sa défense, mais à quelle vitesse l’industrie américaine peut produire ce que ses armées consomment ?

Les chiffres révèlent une transformation plus profonde qu’une simple hausse des budgets : les États-Unis cherchent simultanément à : 
➡️ reconstituer leurs stocks,
➡️ augmenter leurs capacités de production,
➡️ sécuriser leurs matières premières
➡️ et rapprocher la Silicon Valley du Pentagone.

Après plusieurs décennies dominées par la recherche de supériorité technologique, une notion beaucoup plus ancienne revient au centre de la puissance militaire : la capacité industrielle.

954 milliards de dollars : une puissance sans équivalent

Les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 887 milliards de dollars en 2025, un onzième record annuel consécutif. Au centre de cette progression demeurent les États-Unis :
➡️ avec 954 milliards de dollars,
➡️ ils représentent à eux seuls environ un tiers des dépenses militaires mondiales
➡️ et dépensent près de trois fois plus que la Chine, (selon les chiffres officiels de cette dernière).

Cette domination financière se retrouve naturellement sur le terrain. En 2024, les États-Unis détenaient environ un quart de la flotte mondiale d’avions militaires actifs. Ils demeurent également la première puissance aéronautique exportatrice, très loin devant la France et l’Allemagne.

Et l’effort ne semble pas devoir ralentir. Après une légère baisse en 2025, les dépenses américaines devraient repartir fortement à la hausse. Mais c’est précisément là que se situe le paradoxe : disposer du premier budget militaire mondial et de la première industrie de défense ne garantit plus de pouvoir produire suffisamment vite.

Car les guerres récentes ont remis au premier plan une réalité que trois décennies de supériorité technologique avaient quelque peu occultée : une armée ne doit pas seulement disposer des armes les plus performantes. Elle doit pouvoir remplacer celles qu’elle consomme.

Le retour de la guerre de stocks

C’est probablement le changement le plus important. Les conflits contemporains rappellent une réalité longtemps reléguée au second plan : une guerre de haute intensité consomme énormément de matériel. Aux besoins considérables de l’Ukraine se sont désormais ajoutées les consommations américaines liées à la guerre avec l’Iran.

Selon Bloomberg, environ 20% du stock de MQ-9 Reaper détenu par le Pentagone avant le conflit aurait déjà été détruit, soit près d’un milliard de dollars de matériel. La difficulté est d’autant plus grande que le modèle n’est plus produit pour les forces américaines. À cela s’ajoute la consommation de milliers de munitions sophistiquées, notamment des missiles de croisière Tomahawk et JASSM-ER.

L’effet est désormais visible dans les statistiques industrielles. 
➡️ En avril 2026, les commandes américaines de biens d’équipement destinés à la défense ont progressé de 7% sur un mois 
➡️ pour atteindre 22,2 milliards de dollars, 
➡️ après une hausse spectaculaire de 26% en mars. 
➡️ Avril constitue ainsi le deuxième niveau mensuel le plus élevé jamais enregistré. 
➡️ Sur douze mois, la défense représente désormais 15% des commandes américaines de biens d’équipement, une proportion rarement observée depuis trente ans.

La production commence logiquement à suivre : 
➡️ les données de la Réserve fédérale montrent qu’en avril, la production américaine d’équipements de défense et spatiaux progressait pour le cinquième mois consécutif. 
➡️ Bloomberg souligne même que la défense devient, avec les investissements dans les centres de données, l’un des soutiens de l’activité industrielle américaine en 2026.

Le changement de paradigme est donc considérable. Pendant des décennies, le Pentagone a surtout cherché à conserver une avance technologique sur ses adversaires. Les conflits actuels lui rappellent qu’une autre variable compte tout autant : la profondeur des stocks et la vitesse à laquelle l’industrie est capable de les reconstituer.

Or c’est précisément ici qu’apparaît une faiblesse inattendue. L’Amérique possède les plus grands groupes de défense de la planète, mais trente années de concentration industrielle ont aussi réduit le nombre de chaînes capables de répondre rapidement à une explosion de la demande.

Les « Big Five » face au mur de la production

L’industrie américaine dispose pourtant de champions sans équivalent. Leur domination actuelle trouve notamment ses origines dans le célèbre « Last Supper » de 1993, lorsque le Pentagone encouragea les industriels à se regrouper face à la baisse attendue des budgets après la guerre froide. 

De cette consolidation émergèrent les cinq groupes qui structurent encore largement la défense américaine : Lockheed Martin, RTX, Northrop Grumman, Boeing et General Dynamics.

Leur poids reste considérable. En 2023, ces cinq groupes 
➡️ réalisaient ensemble près de 200 milliards de dollars de ventes d’armement 
➡️ et représentaient près d’un tiers des ventes cumulées des cent premiers producteurs d’armes recensés par le SIPRI. 
➡️ Lockheed Martin, premier d’entre eux, réalisait à lui seul 60,8 milliards de dollars de ventes d’armement, soit environ 90 % de son chiffre d’affaires.

Mais ce qui constituait hier une force révèle aujourd’hui son revers. La consolidation a permis de rationaliser les coûts, de concentrer les investissements et de développer des systèmes toujours plus sophistiqués. Elle a aussi réduit le nombre de fournisseurs et de chaînes de production capables d’être mobilisés lorsque la demande explose.

Le problème américain n’est donc plus seulement technologique. Il devient industriel.

Ce basculement se lit désormais en Bourse, et il oppose deux mondes. 
Sur cinq ans, la création de valeur a massivement récompensé le « code » : l’action Palantir a bondi d’environ 688%, très loin devant les grands maîtres d’œuvre de l’« acier », RTX (+153%), General Dynamics (+97%), AeroVironment (+84%), Lockheed Martin (+64%), Northrop Grumman (+58%). 

Rocket Lab, entrée en Bourse en 2021, a même vu sa capitalisation passer d’environ 400 millions à près de 47 milliards de dollars : l’euphorie des nouveaux entrants à son comble.

Mais l’année 2026 raconte l’histoire inverse, et c’est là tout le paradoxe. 
➡️ Depuis janvier, ce sont les valeurs de l’acier qui progressent, Lockheed +23%, RTX +22%, General Dynamics +18%,
➡️ tandis que le code et les nouveaux entrants calent : Palantir stagne (−1%) malgré une croissance de son chiffre d’affaires de plus de 90%, Kratos recule de 19% et AeroVironment de 20%. 

Après des années d’euphorie sur la « defense tech », le marché se remet à récompenser la visibilité raisonnablement payée des géants, Lockheed se paie environ dix-sept fois ses bénéfices, et à sanctionner les valorisations les plus tendues. Budgets records et carnets pleins ne suffisent plus : encore faut-il que le cours n’ait pas déjà tout anticipé.

Et le paradoxe est suffisamment important pour conduire Washington à envisager une solution autrefois beaucoup plus sensible : faire produire davantage d’armements américains… en dehors des États-Unis.
Produire davantage… quitte à produire en Europe

La tension sur les capacités industrielles américaines est désormais suffisamment importante pour conduire Washington à envisager une solution longtemps considérée comme sensible : faire fabriquer davantage d’armements américains par ses alliés.

En juin 2026, Donald Trump a indiqué étudier la possibilité pour les industriels américains d’accorder des licences permettant de produire certains armements en Europe et en Ukraine. L’enjeu concerne notamment les missiles intercepteurs nécessaires à la défense aérienne ukrainienne, alors que les stocks américains sont eux-mêmes sous pression. Le chancelier allemand Friedrich Merz a confirmé que les discussions portaient sur l’octroi de licences américaines à des industriels européens.

Le changement est loin d’être anodin. Les États-Unis protègent traditionnellement leurs technologies militaires, leur propriété intellectuelle et leurs chaînes d’approvisionnement. Mais lorsque la capacité industrielle domestique devient le facteur limitant, le contrôle technologique commence à se heurter à l’impératif de volume.

Le paradoxe est saisissant : pour préserver sa supériorité militaire, l’Amérique pourrait devoir accepter de ne plus tout produire en Amérique. La technologie et la propriété intellectuelle resteraient américaines ; une partie de l’outil industriel deviendrait occidental.

Mais déplacer ou multiplier les chaînes d’assemblage ne résout qu’une partie du problème. Car avant de fabriquer un missile, un drone ou un système autonome, encore faut-il disposer des composants et des matières premières nécessaires à leur production.

La défense commence désormais dans une mine

La reconstruction de l’appareil militaire américain ne concerne donc plus seulement Lockheed Martin, RTX ou Northrop Grumman. Washington remonte progressivement toute la chaîne de valeur, jusqu’aux minerais critiques.

En juillet 2026, la Defense Logistics Agency a ainsi lancé un appel d’offres portant sur près de 16 000 tonnes de carbonate de lithium de qualité batterie, livrables sur cinq ans, pour un montant pouvant atteindre 300 millions de dollars. L’objectif était explicite : 
➡️ constituer des stocks stratégiques
➡️ et réduire la dépendance américaine vis-à-vis de chaînes d’approvisionnement largement dominées par la Chine.

Début août, l’appel d’offres a finalement été annulé après deux reports, faute d’offres satisfaisantes. L’épisode pourrait sembler anecdotique ; il révèle au contraire toute la difficulté de la stratégie américaine. Décider de sécuriser une matière première est relativement simple. Reconstruire rapidement une chaîne d’approvisionnement compétitive qui n’existe plus suffisamment sur le territoire national l’est beaucoup moins.

Cette volonté dépasse d’ailleurs largement le seul lithium. Lancé en février 2026, Project Vault prévoit 12 milliards de dollars pour constituer des réserves de minerais critiques destinées au secteur privé.

Le réarmement américain commence donc bien avant les chaînes d’assemblage des missiles ou des avions. Il commence dans les mines, les raffineries, les composants et les stocks stratégiques.

La souveraineté militaire redevient indissociable de la souveraineté industrielle.

Et cette reconstruction ne se limite pas aux matières premières. À l’autre extrémité de la chaîne, Washington cherche simultanément à accélérer l’intégration de ce que les États-Unis produisent probablement mieux que n’importe quel autre pays : le logiciel et l’intelligence artificielle.

Et la Silicon Valley retourne au Pentagone

Pendant que Washington reconstruit ses capacités industrielles traditionnelles, une seconde révolution se déroule : la frontière entre technologie civile et industrie militaire s’efface progressivement.

Le Pentagone cherche désormais à intégrer beaucoup plus rapidement l’intelligence artificielle, les logiciels, le cloud, les drones et les systèmes autonomes. Cette évolution bénéficie aux groupes traditionnels, mais fait surtout émerger une nouvelle génération d’acteurs comme Anduril, dont la valorisation privée est passée de 30,5 milliards de dollars mi-2025 à 61 milliards en mai 2026. Son modèle rompt avec celui des grands maîtres d’œuvre :
➡️ davantage de logiciels,
➡️ des cycles de développement plus courts
➡️ et des systèmes autonomes conçus pour être produits plus rapidement et à moindre coût.

Le mouvement dépasse largement les seules defense tech. 
➡️ OpenAI, Google ou xAI ont obtenu des contrats pouvant atteindre 200 millions de dollars chacun pour développer des technologies d’intelligence artificielle destinées au Pentagone,
➡️ tandis que Palantir dispose d’un contrat-cadre pouvant atteindre 10 milliards de dollars sur dix ans.

L’histoire américaine se répète finalement sous une nouvelle forme. Le Pentagone fut, notamment à travers la DARPA, l’un des moteurs historiques de technologies qui dépassèrent ensuite largement le domaine militaire. Aujourd’hui, le mouvement fonctionne également dans l’autre sens : les innovations développées par la Silicon Valley rejoignent de plus en plus rapidement le champ de bataille.

C’est peut-être là que réside la véritable force du modèle américain. Au moment même où Washington redécouvre l’importance des mines, des stocks et des usines, il tente d’y associer ce qui constitue son autre avantage stratégique : la puissance de son écosystème technologique. 

En conclusion, la supériorité militaire américaine reste considérable : 954 milliards de dollars de dépenses et la première industrie de défense de la planète. Mais les conflits récents rappellent qu’une autre dimension de la puissance avait été quelque peu oubliée : la capacité à remplacer rapidement ce qui est consommé.

Washington ne cherche donc plus seulement à acheter davantage d’armes. Les États-Unis reconstruisent toute la profondeur de leur appareil industriel : stocks, capacités de production, minerais critiques, Silicon Valley et, lorsque cela devient nécessaire, fabrication sous licence chez leurs alliés.

Après plusieurs décennies durant lesquelles la sophistication technologique constituait l’avantage décisif, la quantité et la vitesse de production redeviennent des attributs essentiels de la puissance.

C’est peut-être le paradoxe du réarmement américain : fabriquer l’arme la plus sophistiquée ne suffit plus. Il faut aussi être capable d’en fabriquer suffisamment.

Focus

Palantir, le champion coté du « code » militaire

Palantir Technologies (Nasdaq : PLTR) est l’un des acteurs majeurs du logiciel d’analyse de données et d’intelligence artificielle appliquée. 

Fondée en 2003 dans le sillage des services de renseignement américains, dirigée par Alex Karp, la société a son siège à Denver (Colorado) et emploie environ 4 500 personnes. Ses plateformes, Gotham pour la défense, Foundry pour les entreprises, et surtout AIP, sa plateforme d’IA, transforment des masses de données hétérogènes en décisions opérationnelles. 

👉 C’est le champion coté du « code » militaire, par opposition aux industriels de l’« acier ».

Son système Maven, retenu par le Pentagone pour identifier des cibles par intelligence artificielle, est devenu un programme officiel en 2026, et la société détient un contrat-cadre pouvant atteindre 10 milliards de dollars sur dix ans avec l’armée américaine. Mais sa force dépasse la défense : son activité commerciale, notamment aux États-Unis, croît encore plus vite que ses contrats publics. 

Palantir est un pari sur l’idée que la prochaine guerre, comme la prochaine révolution industrielle, se gagnera par le logiciel autant que par le matériel.

👉 Une croissance fulgurante

Les résultats du deuxième trimestre 2026, donnent le vertige : 

➡️ chiffre d’affaires de 1,94 milliard de dollars, en hausse de 93% sur un an,

➡️ activité commerciale américaine en bond de 149%,

➡️ et onzième trimestre consécutif de croissance accélérée.

➡️ La société a relevé sa prévision annuelle à environ 8,15 milliards de dollars,

➡️ ses marges opérationnelles dépassent 40%

➡️ et ses marges brutes 84%. 

Sur cinq ans, l’action a progressé d’environ 688%, la meilleure performance de tout l’univers de la défense cotée.

👉 Les limites à assumer

Le risque tient tout entier dans un mot : la valorisation. 

Malgré sa croissance, l’action ne performe pas depuis janvier 2026, et se situe près de 20% sous son pic historique. La raison : elle se paie encore plus de soixante fois son chiffre d’affaires et plus de cent fois ses bénéfices, parmi les multiples les plus élevés de toute la cote américaine. 

Une telle valorisation suppose des années de croissance quasi parfaite ; le moindre ralentissement, ou une simple déception trimestrielle, peut provoquer des mouvements brutaux l’action a ainsi chuté de 14% après ses résultats de mai 2026, pourtant excellents. Plusieurs investisseurs réputés ont pris des positions baissières sur ce seul motif. 

Palantir n’est donc pas un pari sur son activité, remarquable, mais sur le prix que le marché accepte de payer pour elle.

Cours Actuels : 179,01 USD*

UBS                       : objectif de cours 220 USD* 

Philipps Securities : objectif de cours 215 USD*

HSBC                     : objectif de cours 162 USD*

*Source ZoneBourse

Source : Eavest

Belle semaine !

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