| « Tout ce à quoi l’on fait face ne peut pas forcément être changé, mais rien ne peut être changé tant qu’on ne lui fait pas face. » |
| James BALDWIN – né le 2 août 1924 |

Cette semaine
| Les chiffres de l’emploi aux États-Unis constituent l’événement majeur de la semaine, tandis que parmi les autres données clés figurent les indices PMI américains et chinois. Après la frénésie suscitée par la publication des résultats de la semaine précédente, l’actualité est un peu plus calme, mais Palantir, AMD, Disney et McDonald’s publieront tous leurs résultats aux États-Unis, tandis qu’au Royaume-Uni, le géant des boissons Diageo dévoilera ses résultats annuels et son bilan stratégique très attendus, aux côtés de HSBC et d’AstraZeneca. Enfin, en Allemagne, sont attendus les résultats de Siemens Energy, Infineon et autre Rheinmetall. |
LES CHIFFRES ÉCONOMIQUES

Les News
Robotique
Les États-Unis interdisent l’importation de robots “de pointe” fabriqués à l’étranger, les robots humanoïdes chinois en ligne de mire
AI Europe
Les sirènes de Choose France n’auront pas suffi à convaincre OpenAI d’installer son siège européen dans l’Hexagone. C’est en Irlande que s’installera la scale-up de Sam Altman. L’île est prisée des géants technologiques américains, en partie parce que la taxation leur y est favorable.
Schneider Electric & AMD
Schneider Electric et AMD coopèrent dans l’industrie des data centers : la conception ne part plus du bâtiment, mais du profil de charge IA. À ce titre, AMD apporte la plateforme Helios, Schneider Electric apporte de son côté les couches puissance, refroidissement et supervision.
Naval Group & TotalEnergies
Exit les batteries plomb-acide historiques : après vingt ans de recherches, Naval Group équipe ses sous-marins conventionnels de la technologie lithium-ion de la filiale de TotalEnergies, Saft.
Défense
Un drone qui vole 24 heures d’affilée, un drone de surface (USV) qui navigue sans équipage : les 2 pépites françaises, Elistair et Exail viennent de s’associer pour repousser les limites de la surveillance en mer.
LES PERFORMANCES




LE GRAPHE DE LA SEMAINE

A L’AFFICHE
| Tech américaine : les Sept Magnifiques sont morts… Du moins en tant que bloc homogène. |
| La domination n’a jamais été aussi écrasante, mais la vraie fracture sépare désormais ceux qui vendent l’IA de ceux qui la paient. La domination américaine n’a jamais été aussi écrasante. Pourtant, derrière cette apparente unanimité, une fracture silencieuse est déjà en train de redistribuer les cartes de la technologie mondiale. Pendant longtemps, investir dans la technologie américaine revenait à acheter une conviction simple : les grandes entreprises de la Silicon Valley gagnaient ensemble. Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Meta, Nvidia et Tesla étaient devenues, au fil des années, les différentes facettes d’une même histoire : innovation permanente, croissance exceptionnelle, domination sans partage. Les « Sept Magnifiques » n’étaient plus un groupe d’entreprises ; ils étaient devenus une classe d’actifs à part entière. Cette lecture a longtemps été pertinente. Elle ne l’est probablement plus. Car si la domination américaine n’a jamais été aussi impressionnante, elle n’est plus homogène. Derrière une capitalisation qui dépasse le PIB de l’Union européenne et représente près d’un tiers du S&P 500, une nouvelle hiérarchie s’impose : la révolution de l’intelligence artificielle redistribue la création de valeur à l’intérieur même de la technologie américaine. C’est cette ligne de fracture que nous étudions dans ce premier épisode. Non pour remettre en cause la domination des États-Unis, plus solide que jamais, mais pour montrer que les véritables gagnants de la prochaine décennie ne seront peut-être pas ceux que l’on regroupe encore spontanément sous l’étiquette des « Sept Magnifiques ». Les États-Unis dominent plus que jamais… mais plus de la même manière Les chiffres donnent le vertige. À elles seules, les Sept Magnifiques représentent une capitalisation supérieure au produit intérieur brut de l’Union européenne et concentrent près d’un tiers du S&P 500. Jamais, dans l’histoire récente des marchés, un nombre aussi réduit d’entreprises n’avait occupé une place aussi importante sur la première place boursière mondiale. Cette domination masque toutefois une réalité plus intéressante. Depuis le 1er janvier 2021, ➡️ Nvidia a vu son cours progresser d’environ 1358%, portant sa capitalisation de 323 milliards à près de 4 640 milliards de dollars. ➡️ Micron affiche 958%, Broadcom 779%, AMD 368%. À l’inverse, ➡️ Amazon ne progresse que de 43%, ➡️ Tesla de 24% et Microsoft de 82%. Entre Nvidia et Tesla, l’écart dépasse 1 300 points de performance : parler d’un « bloc » n’a plus de sens. Ce constat suffit à remettre en cause l’expression même de « Sept Magnifiques ». Un bloc suppose une évolution homogène ; or les marchés montrent l’inverse : la technologie américaine reste dominante, mais cette domination est de plus en plus sélective. La question devient évidente : qu’est-ce qui explique une telle divergence ? La réponse ne tient ni à la taille, ni à la notoriété, ni même à la capacité d’innovation. Elle réside dans la position de chaque entreprise au sein de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle. Les gagnants ne sont plus ceux qui utilisent l’IA, mais ceux qui la vendent La plupart des investisseurs continuent d’observer les applications : ChatGPT, Gemini, Copilot, les assistants intégrés aux smartphones et aux logiciels. Pourtant, la création de valeur s’est déplacée en amont. Comme lors des grandes révolutions industrielles, les premiers bénéficiaires ne sont pas ceux qui fabriquent les produits finis, mais ceux qui fournissent les outils indispensables à leur fabrication. Les entreprises aux plus fortes progressions ne sont pas les géants du logiciel, mais les fournisseurs de l’écosystème de l’IA. ➡️ Nvidia s’est imposé comme le leader mondial des processeurs graphiques nécessaires à l’entraînement des modèles. ➡️ Micron fournit les mémoires à haute performance devenues indispensables. ➡️ Broadcom équipe les réseaux des centres de données, ➡️ tandis qu’AMD s’impose comme une alternative crédible. Ce ne sont pas les applications qui sont valorisées ; ce sont les entreprises qui les rendent possibles. À l’inverse, les grands acteurs du cloud se trouvent dans une position plus complexe. Microsoft, Alphabet, Amazon ou Meta doivent investir des sommes considérables pour développer leurs infrastructures, en espérant que ces dépenses se traduiront demain par des revenus. Ils sont les premiers clients de Nvidia, de Broadcom ou de Micron. En d’autres termes, ils financent aujourd’hui une révolution dont d’autres captent, pour l’instant, la plus grande partie de la valeur. Les chiffres récents l’illustrent. ➡️ OpenAI s’est engagé à acheter près de 38 milliards de dollars de capacités de calcul auprès d’Amazon Web Services sur sept ans. ➡️ Alphabet a levé 20 milliards de dollars sur le marché obligataire américain, puis 6,5 milliards d’euros en Europe, pour financer ses investissements. Au total, les grands hyperscalers ont émis plus de 150 milliards de dollars d’obligations sur les seuls cinq premiers mois de 2026 pour bâtir leurs centres de données, et, leurs investissements devraient atteindre près de 800 milliards de dollars sur la seule année 2026, en route vers 1 000 milliards dès 2027. Cette situation rappelle un phénomène bien connu. Lors de la ruée vers l’or, les fortunes les plus durables ne furent pas réalisées par les chercheurs d’or, mais par ceux qui leur vendaient les pelles et les pioches. L’intelligence artificielle suit une logique comparable : ➡️ les géants du cloud investissent des centaines de milliards pour construire leurs plateformes, ➡️ tandis que les fournisseurs des composants indispensables récoltent, à ce stade du cycle, l’essentiel de la création de valeur. Voilà, semble t-il, la véritable ligne de fracture de la technologie américaine. L’année 2026 rend cette fracture spectaculaire, et la pousse même un cran plus loin. Sur le seul premier semestre, la hiérarchie s’est inversée : ➡️ les outsiders des semi-conducteurs se sont envolés Micron +176%, Intel +126%, AMD +114% ➡️ tandis que plusieurs stars d’hier décrochaient : Oracle −39%, Tesla −30%, Palantir −23%, Microsoft −17%. Deux logiques se lisent dans ces chiffres. ➡️ D’un côté, le marché a commencé à sanctionner les valorisations les plus tendues, Palantir se payait plus de soixante fois son chiffre d’affaires et, à s’inquiéter des dépenses d’IA sans retour immédiat, l’action Meta subissant au printemps sa plus forte baisse en six mois sur ce motif. ➡️ De l’autre, il a massivement récompensé les fournisseurs de composants les plus concrets, mémoire et processeurs en tête. La fracture « vendeurs contre payeurs » ne se creuse pas seulement sur cinq ans : elle s’accentue en temps réel. |

| Une domination américaine renforcée, malgré la montée de la Chine Cette recomposition interne ne doit pas masquer une réalité plus large. Vue de l’extérieur, la domination américaine n’a probablement jamais été aussi importante. Début 2025, l’émergence du modèle chinois DeepSeek avait provoqué un choc. Certains y voyaient le signe que la Chine pouvait désormais rivaliser avec les États-Unis. Pendant quelques semaines, les valeurs technologiques chinoises retrouvèrent de l’intérêt et le récit d’un rééquilibrage mondial sembla crédible. L’analyse sur longue période conduit pourtant à une conclusion inverse. Mais, si l’on regarde depuis le 1er janvier 2021, tous les grands groupes technologiques chinois affichent des performances négatives : ➡️ Alibaba a perdu près de la moitié de sa valeur, ➡️ Baidu plus de 50%, ➡️ Tencent environ 15%, Xiaomi près de 10%. Alors que Nvidia, Alphabet ou Broadcom voyaient leur capitalisation se multiplier, les champions chinois restent pénalisés par le durcissement réglementaire engagé en 2020, les restrictions américaines sur les semi-conducteurs avancés et un environnement moins porteur. L’écart devient plus frappant encore en taille de marché. Selon Goldman Sachs, les dix premières valeurs technologiques chinoises représentent environ 1 600 milliards de dollars de capitalisation, contre près de 19 000 milliards pour les Sept Magnifiques. Autrement dit, Nvidia à elle seule pèse désormais plusieurs fois l’ensemble des BATX cotées. Cela ne signifie pas que la Chine soit sortie de la compétition. Ses progrès dans les modèles d’IA, ses investissements publics massifs et la qualité de certains acteurs en font un concurrent crédible, Goldman Sachs anticipe encore une hausse d’environ 20% des actions chinoises en 2026. Mais la dynamique révèle une différence essentielle : la Chine progresse vite sur certains segments, tandis que les États-Unis conservent une avance considérable en profondeur financière, en valorisations, en accès aux capitaux et en capacité à industrialiser leurs innovations. Le débat n’oppose plus une Amérique dominante à une Chine absente, mais une puissance qui consolide son avance face à un concurrent qui réduit son retard sans encore modifier l’équilibre global. L’Europe ne combat plus sur le même terrain. Face à cette confrontation, l’Europe apparaît souvent comme la grande absente. L’absence de géant comparable à Microsoft, Nvidia ou Tencent nourrit le sentiment d’un décrochage. Ce constat est largement partagé, mais il mérite d’être nuancé. Car, comme dans toute révolution industrielle, les entreprises les plus visibles ne sont pas toujours les plus indispensables. L’exemple d’ASML l’illustre parfaitement. L’entreprise néerlandaise demeure le seul fabricant au monde des machines de lithographie extrême ultraviolet, indispensables à la production des semi-conducteurs les plus avancés. Sans ces équipements, ni Nvidia, ni AMD, ni les fondeurs asiatiques ne pourraient fabriquer les processeurs qui alimentent l’IA. Cette position de quasi-monopole explique qu’ASML ait vu sa capitalisation progresser d’environ 200 à plus de 600 milliards de dollars en cinq ans, une performance supérieure à celle de plusieurs membres des Sept Magnifiques. Autour d’ASML gravite un tissu industriel moins médiatisé mais stratégique. ➡️ Infineon (+78% en cinq ans) et STMicroelectronics (+38%) occupent des positions importantes dans les semi-conducteurs destinés à l’automobile, à l’industrie et à l’énergie, ➡️ tandis que SAP (+52%) reste le premier éditeur européen de logiciels d’entreprise. ➡️ À l’inverse, les sociétés de services informatiques comme Capgemini (−18%) ont davantage souffert de la réallocation des flux vers les infrastructures d’IA. La leçon est paradoxale. Les États-Unis dominent les plateformes, la Chine cherche à construire des alternatives, et l’Europe conserve des positions clés sur certains maillons critiques. Sa faiblesse réside moins dans son savoir-faire que dans son incapacité à transformer ces compétences en plateformes mondiales. L’Europe reste indispensable à l’écosystème, mais elle n’en fixe plus le rythme. La conclusion n’est pas que les États-Unis dominent toujours la technologie mondiale, ce constat est désormais partagé. L’enseignement le plus intéressant est ailleurs : cette domination change de nature. Pendant plus d’une décennie, les investisseurs ont raisonné en opposant les grandes régions du monde. Cette lecture reste pertinente géographiquement, mais elle devient insuffisante pour comprendre où se crée la valeur. La véritable frontière traverse désormais la Silicon Valley elle-même : ➡️d’un côté ceux qui fournissent les briques essentielles de l’IA, semi-co nducteurs, mémoires, équipements, machines de production ➡️ et de l’autre les géants du cloud qui engagent des dépenses colossales sans que leur rentabilité future soit encore démontrée. C’est pourquoi l’expression « Sept Magnifiques » décrit de moins en moins la réalité économique du secteur. La question n’est plus de savoir si la technologie américaine continuera de dominer le monde, mais où, au sein même de cette domination, se concentrera la création de valeur. Et c’est cette distinction, plus que l’opposition entre les États-Unis, la Chine et l’Europe, qui désignera les grands gagnants de la prochaine décennie. |

Focus
| AMD, le challenger des « vendeurs d’IA » |
AMD (Advanced Micro Devices) est l’un des grands concepteurs mondiaux de semi-conducteurs, processeurs (CPU), cartes graphiques (GPU) et, depuis le rachat de Xilinx en 2022, circuits programmables.
Fondée en 1969 à Sunnyvale, la société a son siège à Santa Clara (Californie), emploie environ 31 000 personnes et est cotée au Nasdaq. Dirigée depuis 2014 par Lisa Su, artisane de l’un des plus spectaculaires redressements de la tech américaine, elle affiche une capitalisation d’environ 700 milliards de dollars (29 juillet 2026).
👉 AMD fait partie des « vendeurs d’IA », ceux qui fournissent les briques indispensables plutôt que ceux qui les financent.
Longtemps second derrière Intel puis Nvidia, le groupe s’est imposé comme l’alternative crédible à Nvidia sur les processeurs d’intelligence artificielle, avec ses puces Instinct destinées aux centres de données, tout en dominant avec Nvidia le marché des cartes graphiques et en équipant les consoles PlayStation et Xbox.
👉 Sur cinq ans, l’action AMD a progressé d’environ 368%, portant sa capitalisation d’environ 110 à 700 milliards de dollars.
La dynamique s’est encore accélérée en 2026 : sur le seul premier semestre, le titre a bondi de 114%, porté par la demande de puces d’IA et par un partenariat annoncé avec OpenAI pour l’équipement de centres de données.
En 2025, AMD a généré environ 34,6 milliards de dollars de revenus et 4,3 milliards de bénéfice net.
Au premier trimestre 2026, AMD a publié des résultats très solides,
➡️ avec un chiffre d’affaires en hausse de 38 % à 10,3 Md$, porté par l’explosion de l’activité Data Center (+57%), stimulée par la demande de processeurs EPYC et de GPU Instinct dédiés à l’intelligence artificielle.
➡️ La rentabilité poursuit également son amélioration, avec une marge brute GAAP portée à 53% (contre 50% un an plus tôt),
➡️ un résultat opérationnel en hausse de 83% et un bénéfice par action (GAAP) en progression de 91%.
➡️ Le groupe a en outre généré un free cash flow record de 2,6 Md$, confirmant la montée en puissance de son activité IA et sa solide génération de trésorerie. Les investisseurs attendent désormais les résultats du T2 2026 afin de vérifier que cette dynamique.
Les limites à assumer
⚠️AMD reste le challenger, non le leader : face à Nvidia, dont la domination sur les puces d’IA demeure écrasante, sa part de marché est encore modeste.
⚠️ Sa valorisation, après un doublement en six mois, est élevée et sensible au moindre ralentissement du cycle de l’IA.
⚠️ Enfin, comme tout concepteur « fabless », le groupe dépend des fondeurs asiatiques — au premier rang desquels TSMC — pour produire ses puces, ce qui l’expose aux tensions géopolitiques autour de Taïwan.
Cours Actuel : 476,12 USD*
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MIZUHO : objectif de cours 615 USD*
HSBC : objectif de cours 500 USD*
*Source ZoneBourse
Source : Eavest