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Nouvelles économiques – 28/06/2026

« La patience est amère, mais son fruit est doux. »
 Jean Jacques ROUSSEAU né le 28 juin 1712

Cette semaine

En cette fin de juin et début juillet, les marchés technologiques sont en pleine fluctuation tandis que les cours du pétrole et de l’or continuent de baisser. Cette semaine sera marquée par la publication des chiffres mensuels de l’emploi aux États-Unis, les chiffres de l’emploi non agricole étant publiés avec un jour d’avance en raison du jour férié américain de vendredi. Parmi les autres événements clés, citons les indices PMI chinois, l’inflation en Europe et l’indice PMI manufacturier ISM américain.

Aux États-Unis, le fabricant de vêtements de sport Nike, en difficulté, publiera ses résultats.

LES CHIFFRES ÉCONOMIQUES

Les News

Boston Dynamics

Boston Dynamics veut se donner les moyens de produire des robots à grande échelle. L’entreprise américaine, propriété d’Hyundai depuis 2021, a annoncé la construction d’un “centre de pointe en robotique et en intelligence artificielle” de 30 000 m² à Waltham (Massachussetts), où est implanté son siège social.

IA: les Restrictions continuent

Le gouvernement américain vient de commencer à contrôler l’accès à l’intelligence artificielle. Après Fable 5 et Mythos 5 retirés du marché, la sortie de GPT-5.6 a été repoussée de plusieurs semaines, tandis que le gouvernement veut approuver l’accès aux modèles de pointe “client par client”.

Thales : Rapide

Thales a présenté le RapidStriker, un système anti-drones mobile conçu, développé et assemblé en quelques mois à peine. RapidStriker est techniquement abouti, certes. Mais ce qui distingue vraiment ce système, c’est la rapidité de son développement.

Safran : Robotique civil et militaire

Exail Technologies et Safran ont annoncé être entrés en négociations exclusives en vue d’une potentielle acquisition de l’ex-Groupe Gorgé par l’équipementier aéronautique français.

Airbus : Prouesse technologique

17000 km sans escale : l’Airbus A350-1000ULR, l’avion hors normes de Qantas pour relier en direct l’Australie à Londres ou New York

 LES PERFORMANCES

LE GRAPHE DE LA SEMAINE

A L’AFFICHE

Canada 2026 : le pays le plus mal compris du G7.
Le Canada souffre d’un problème d’image. Pas d’un problème de fondamentaux.

Pour une large partie des investisseurs européens, le pays reste perçu comme une simple extension économique des États-Unis : 
➡️ une économie cyclique, 
➡️ dépendante des matières premières, 
➡️ sensible aux fluctuations du pétrole 
➡️ et éloignée des grands centres financiers mondiaux. 
Cette lecture est rassurante. Elle est également devenue incomplète.

Car le Canada de 2026 n’est plus seulement un exportateur de ressources naturelles. Il est progressivement devenu l’un des rares pays développés à cumuler quatre formes de souveraineté devenues stratégiques dans le monde actuel : 
➡️ la souveraineté énergétique,
➡️ la souveraineté minière,
➡️ la souveraineté alimentaire
➡️ et la souveraineté financière. 
Alors que les tensions géopolitiques, la fragmentation commerciale et l’explosion des besoins énergétiques liés à l’intelligence artificielle redessinent la hiérarchie économique mondiale, le Canada apparaît comme l’un des rares pays capables de répondre simultanément à ces quatre défis.

Une économie résiliente malgré les turbulences mondiales

La conjoncture canadienne reste contrastée, et il faut la regarder en face.

➡️ Le PIB a stagné au T1 2026, dans la continuité de la contraction de 0,2 % enregistrée au T4 2025, en rythme annualisé, le recul est de −0,1 %
➡️ Le taux de chômage a atteint 6,7 % en février 2026, après des pertes nettes de 110 000 emplois sur janvier/février. 
➡️ Le secteur immobilier reste sous pression, avec un endettement élevé des ménages et un renouvellement de prêts hypothécaires à des taux plus élevés qui pèsera sur la consommation en 2026.

Pourtant, derrière cette faiblesse conjoncturelle se cache une réalité plus robuste. En 2025, l’économie canadienne a progressé de +1,7 %, évitant la récession que de nombreux économistes anticipaient. 
Le FMI prévoit désormais que le Canada affichera la deuxième plus forte croissance du G7 sur la période 2026-2027, derrière les seuls États-Unis. 
RBC projette une croissance de 1,5 à 1,6 % sur les quatre prochains trimestres.

Surtout, le Canada bénéficie d’un avantage souvent sous-estimé : 
➡️ environ 85 % des échanges couverts par l’accord CUSMA demeurent exempts de droits de douane malgré les tensions récurrentes avec Washington. 
Ce que les chiffres du PIB ne capturent pas, c’est l’accélération stratégique que la contrainte américaine a déclenchée : le Canada diversifie activement ses exportations vers l’Asie-Pacifique et l’Europe. Le bras de fer avec Washington a fait ce que vingt ans de discours sur la diversification n’avaient pas réussi à faire.

La seule plateforme énergétique complète du G7

Le véritable atout stratégique du Canada ne se situe pas dans sa croissance économique. Il se situe dans son système énergétique.

La plupart des pays développés disposent d’une ou deux grandes sources d’énergie. Le Canada les possède presque toutes. 
➡️ Quatrième producteur mondial de pétrole,
➡️ deuxième producteur mondial d’hydroélectricité,
➡️ deuxième producteur mondial d’uranium,
➡️ cinquième producteur mondial de gaz naturel
Cette diversité énergétique constitue un avantage géopolitique considérable que peu de nations occidentales peuvent revendiquer simultanément.

L’uranium canadien mérite une attention particulière. Le Canada est le deuxième producteur mondial, via Cameco, l’un des trois géants mondiaux de l’extraction aux côtés de Kazatomprom et Orano. Les actifs en uranium canadiens ont été évalués à 285 milliards de dollars en 2024 par Statistique Canada, en hausse sous l’effet de la forte demande nucléaire mondiale. Dans un monde où l’IA exige des quantités croissantes d’électricité bas carbone, l’uranium canadien est passé du statut de combustible d’hier à celui de ressource stratégique de demain.

Pourquoi l’intelligence artificielle a besoin du Canada

L’un des phénomènes économiques majeurs de la décennie est l’explosion des besoins énergétiques liés à l’intelligence artificielle. Chaque centre de données nécessite une alimentation électrique stable, une énergie compétitive, une empreinte carbone réduite et une disponibilité foncière importante. Très peu de pays peuvent satisfaire simultanément ces quatre critères. Le Canada fait partie de ce cercle extrêmement restreint.

L’hydroélectricité du Québec, du Manitoba et de Terre-Neuve, l’uranium de la Saskatchewan, le gaz naturel de l’Alberta et les capacités nucléaires en expansion créent un environnement unique pour accueillir les infrastructures numériques de demain. Alors que la plupart des investisseurs voient encore le Canada comme une économie de ressources, il pourrait devenir l’un des principaux bénéficiaires indirects du développement mondial de l’intelligence artificielle.

La révolution de l’IA n’est pas seulement logicielle. Elle est aussi énergétique. Et le Canada dispose précisément des ressources dont cette révolution a besoin.
Des ressources stratégiques au cœur de la nouvelle géopolitique

Le Canada reste souvent associé au pétrole. Cette vision est devenue beaucoup trop restrictive.

👉 Premier producteur mondial de potasse

Sur la potasse d’abord. Le Canada est le premier producteur mondial, 24 millions de tonnes produites en 2024 en Saskatchewan, représentant 31 % de la production mondiale. Les exportations ont atteint un volume record de 22,8 millions de tonnes métriques en 2024. La mine Jansen de BHP, en Saskatchewan, entre en production fin 2026 avec une capacité de 4,35 millions de tonnes par an en première phase. Dans un monde où la sécurité alimentaire redevient un enjeu stratégique, posséder le tiers de la production mondiale du principal engrais est un levier de souveraineté à part entière.

     👉  L’or comme baromètre géopolitique 

Sur l’or ensuite. Le Canada se hisse au quatrième rang mondial pour la production aurière, avec des exportations atteignant en moyenne 4,3 milliards de dollars par mois sur les dix premiers mois de 2025. La valeur totale des actifs en or canadiens a bondi de 40 à 97 milliards de dollars entre 2023 et 2024, portée par l’incertitude géopolitique mondiale.

Au total, le secteur minier canadien a généré 111 milliards de dollars de PIB en 2024, soit 3,6 % de l’économie nationale, employant directement 438 000 personnes et soutenant 272 000 emplois indirects supplémentaires. 

Le patrimoine total en ressources naturelles du Canada était évalué à près de 1 400 milliards de dollars en 2024 par Statistique Canada.

Le système bancaire le plus solide du monde développé

La stabilité du système bancaire canadien reste l’un des phénomènes les plus remarquables de la finance moderne.

Les six grandes banques, RBC, TD, BMO, CIBC, Banque Scotia, Banque Nationale, détiennent 93 % des actifs bancaires du pays. Ce niveau de concentration, souvent critiqué pour son manque de concurrence, est précisément ce qui permet au régulateur, le Bureau du surintendant des institutions financières, de surveiller de près chaque acteur. 
➡️ Depuis la création de la Société canadienne d’assurance-dépôts en 1967, pas un seul dollar de dépôts assurés n’a été perdu par les Canadiens. 
➡️ Aucune banque n’a fait faillite. 
➡️ Aucune n’a été renflouée par des fonds publics, même en 2008, quand les banques s’effondraient aux États-Unis.

Au T2 2026, les six grandes banques ont toutes dépassé les attentes des analystes, et cinq d’entre elles ont relevé leur dividende trimestriel. 
➡️ RBC publie un bénéfice net de 5,79 milliards de dollars, contre 5,13 milliards un an plus tôt.
➡️ CIBC affiche 3,10 milliards contre 2,17 milliards. TD ressort à 4,04 milliards contre 2,79 milliards. Ce ne sont pas les chiffres d’un système bancaire fragilisé. Ce sont ceux d’un système qui grossit ses provisions par précaution tout en dégageant des bénéfices records.

La Banque du Canada confirme : le ratio de fonds propres de catégorie 1 des grandes banques s’établit en moyenne à 13,7 % au T1 2026, bien au-dessus des minimums réglementaires et environ 2 points de plus qu’avant la pandémie. Même dans un scénario de stress test avec escalade de la guerre au Moyen-Orient et pétrole durablement élevé, les grandes banques canadiennes resteraient résilientes selon la Banque du Canada.

Au final, le Canada n’est peut-être pas le pays le plus spectaculaire du G7.
Mais il pourrait bien être l’un des mieux positionnés pour la décennie qui s’ouvre.

Car le Canada de 2026 est avant tout un pays de souveraineté. Souveraineté énergétique grâce au pétrole, au gaz, au nucléaire et à l’hydroélectricité. Souveraineté minière grâce à l’uranium, à la potasse et aux métaux critiques. Souveraineté alimentaire grâce à sa puissance agricole. Souveraineté financière grâce à son système bancaire exceptionnellement stable. Dans un monde marqué par la fragmentation géopolitique, les tensions commerciales et la compétition pour les ressources stratégiques, ces quatre formes de souveraineté deviennent progressivement les actifs les plus recherchés de la planète

Source : Eavest

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